le dimanche 28 janvier 2018

La Chine aux avants-postes sur les puces à IA embarquée

Une université chinoise vient de mettre au point une puce baptisée Thinker à réseaux neuronaux. Elle annonce un réveil de l'industrie chinoise des semi-conducteurs, un secteur aujourd'hui archi-dominé par les Américains. Mais Pékin veut (et va) rattraper son retard, convaincu que les puces informatiques seront la clé de l'industrie de l'IA.

Dans un plan triennal présenté fin décembre, le gouvernement chinois se fixe comme objectif de produire en masse des puces de traitement de réseaux neuronaux d'ici 2020.

Puce intelligente


Elle s'appelle Thinker. Cette puce à réseau neuronaux est capable, entre mille exemples, de récupérer les données d'un appareil photo, de les trier selon les visages apparaissant sur les images, tout en gérant en même temps des commandes vocales. Thinker est une puce conçue pour supporter les réseaux neuronaux. Peu gourmande en énergie, elle peut fonctionner pendant un an avec seulement 8 piles AA.

Thinker est une puce intelligente, capable d'adapter ses besoins de calcul et de mémoire au logiciel en cours d'exécution. Elle a été conçue par l'Institute of Microelectronics de l'Université de Tsinghua à Shanghaï, l'une des plus prestigieuses universités chinoises. Thinker illustre parfaitement les progrès fulgurants de l'industrie chinoise dans le matériel optimisé par l'IA. Une vague appelée à grandir.

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La Chine ambitieuse sur l'IA


Aujourd'hui principal fabricant mondial de smartphones et de panneaux solaires, la Chine est en revanche un nain dans l'industrie des semi-conducteurs, dominée par les Coréens, Samsung en tête, et les Etats-Unis (Intel, Qualcomm, Broadcom, AMD, ARM, etc). Premier exportateur de la planète, la Chine présente sur le marché des puces un déficit commercial colossal (182,8 milliards de dollars). Pékin espère que l'avènement des puces à réseaux neuronaux permettra à la Chine d'inverser la vapeur.

Thinker peut être intégrée dans de nombreux appareils (téléphones, montres, robots) et de nombreux projets de puce à IA sont en cours. Huawei avait surpris la planète tech en septembre 2017 en dévoilant le Kirin 970, un SoC embarquant un NPU (Neural Processing Unit) ajoutant une couche d'intelligence artificielle à certaines fonctions des smartphones comme la reconnaissance d'images, la synthèse vocale ou la photographie. Les start-up et groupes nationaux peuvent compter sur l'appui du pouvoir central chinois, très sensible à la question. Désireuse de devenir la première puissance mondiale dans le domaine de l'IA, la Chine en fait une priorité de sa politique manufacturière baptisée Made in China 2025.

Modifié le 14/02/2018 à 17h00
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