le vendredi 12 février 2016

Meccanoid : quand Meccano rime avec robot

Le bouche-à-oreille fonctionne à plein régime et le nom de Meccanoid commence à être sur toutes les lèvres : mais d'où sort ce drôle de robot évolutif et intelligent, avec son look adorablement rétro ? De la tête des concepteurs de Meccano, une firme centenaire mais bien décidée à devenir un symbole de modernité.

Ne cherchez plus l'avenir du jouet, il appartient aux robots. Pour beaucoup d'entre nous - déjà grands au siècle dernier -, le robot a longtemps été synonyme d'un futur que l'on nous a maintes fois vendu comme imminent ; à tel point que, finalement, ne le voyant pas venir, nous l'avons relégué dans un coin de notre tête, au fond du tiroir des espoirs déçus. Pourtant, cet avenir arrive bel et bien, et avant de nous remplacer comme l'ont souvent redouté les auteurs de science-fiction, les robots vont d'abord nous divertir. Ou plutôt nos enfants, puisque c'est au rayon jouets qu'ils préparent leur invasion. En 2015, il y en avait déjà de toutes les tailles et de tous les prix, mais l'un des plus inventifs provenait pourtant d'une firme dont le nom évoquait tout sauf la modernité : Meccano.

Mal en point depuis des années, la pionnière des jeux de construction - fondée en Angleterre en 1901 avant que la filiale française de Calais ne devienne la maison-mère en 1979 - est sauvée de la faillite grâce à son rachat en 2013 par le groupe canadien Spin Master, spécialiste des jouets télécommandés. Plutôt que de simplement rajouter quelques gadgets aux modèles préexistants, Spin Master a l'idée d'un produit dont la forme et le concept changeraient pour de bon l'image de la marque : un robot de type humanoïde à monter soi-même, doté d'une intelligence artificielle, qui se contrôle à distance par la voix et surtout, s'avère transformable à volonté ! Certes, le principe du robot à assembler n'était pas complètement inédit chez Meccano, qui a fait en 2008 l'expérience de la gamme Spykee, soit une série de robots au design élégant, munis d'une caméra (d'où le « spy ») et pilotables à partir d'un PC ou d'un Mac en passant par Wi-Fi ou Internet.

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Meccano a commencé par le Meccanoid G15, facile à diffuser dans les grandes surfaces, et qui ressemble encore à un jouet.

L'air de rien, Spykee - conçu par la filiale américaine de Meccano, Erector - possède déjà certains attributs de Meccanoid (le haut-parleur et le système de détection de mouvements), mais agrémentés d'autres atouts comme les chenilles tout-terrain, la caméra vidéo, le relais pour Google et MSN, l'envoi d'e-mails etc. Vendu comme un robot open-source, Spykee ne livre vraiment la documentation sur son code source qu'en 2010. Quoi qu'il en soit, cet engin avant tout fonctionnel se rapproche davantage de la bureautique que du jouet. Le Meccanoid, open source lui aussi, mise au contraire sur le fun.

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La gamme Spykee est la première tentative de Meccano dans le domaine de la robotique, mais sur un ton plus sérieux.

Il vous aide à le monter !


La stratégie de Spin Master s'est déroulée en deux temps. Tout d'abord, les grandes surfaces voient surgir, au printemps 2015, un Meccanoid en version « naine », à destination des jeunes enfants : le Meccanoid G15, proposé au prix de 200 euros et mesurant 61 cm. Soyons clair, ce n'est pas lui que les fans attendent, leur appétit ayant été aiguisé depuis des mois par des vidéos (sur le site officiel de Meccano) dévoilant un robot deux fois plus grand, carrément impressionnant. Mais le G15 a tout de même le mérite de proposer l'essentiel du concept imaginé par Spin Master, qui a clairement testé le marché avant de sortir l'artillerie lourde. Alors, en quoi ça consiste ? Le Meccanoid G15 possède un cerveau électronique (appelé MeccaBrain) que l'on peut alimenter et activer avant même d'entamer le processus de construction, le robot nous expliquant alors comment l'assembler !

Certes, il ne parle - au départ - que la langue de Shakespeare, mais il suffit de télécharger une application (Meccanoid dispose d'un câble USB) pour passer à celle de Voltaire. La phase de montage est un peu fastidieuse, sauf pour ceux qui aiment ça (on suppose que c'est le cas des clients de Meccano...), le G15 étant composé de 615 pièces. Le plus compliqué ? Monter ses pieds à roulettes : gare à ne pas coincer le fil électrique en refermant la coque. Le reste est facile, y compris l'assemblage des quatre servomoteurs qu'il faut ensuite relier les uns les autres puis au MeccaBrain, qui fonctionne exactement comme un compteur électrique. D'ailleurs, le meilleur est à venir, c'est-à-dire l'activation finale de Meccanoid qui fait aussitôt un check-up pour vérifier tous les branchements, avec force commentaires humoristiques. La couleur de ses yeux varie selon les cas et les fonctionnalités, mais c'est le vert qui vous indique que tout fonctionne au poil.

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Ne vous fiez pas à la boîte qui parle de cinq heures, l'assemblage du G15 KS vous occupera au moins le double, pauses comprises.

Au fait, ça sert à quoi, un Meccanoid ? A rigoler, essentiellement, soit en lui demandant de raconter une blague (il en a tout un stock, souvent vaseuses), soit en l'invitant à vous serrer la main, à danser (même si ses jambes inarticulées le condamnent à seulement agiter les gras et à tourner sur lui-même) ou à vous donner l'heure. Attention, Meccanoid est un peu dur d'oreille et mieux vaut articuler distinctement, de préférence près du micro, pour espérer se faire comprendre. Comme on se lasse vite de son répertoire de mouvements très limité, il existe quatre manières de le contrôler directement : en le prenant par la main et en le guidant de manière mécanique ; en enregistrant des mouvements et des mots qu'il répète comme un perroquet (c'est le mode L.I.M., ou Learned Intelligent Motion) ; en le télécommandant en Bluetooth sur son Android ou sa tablette via une application à télécharger ; en l'invitant à imiter vos mouvements, qu'il détecte en installant l'iPhone sur un habitacle ventral prévu à cet effet. L'utilisation est intuitive et un enfant sait s'en servir en moins de dix minutes, expérience à l'appui.
Modifié le 12/02/2016 à 13h47
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