le vendredi 01 juillet 2016

Première mort en pilote automatique, à bord d'une Tesla

Une Tesla Model S circulant au pilote automatique a percuté hier un semi-remorque, entrainant la mort de son conducteur. C'est le premier accident mortel pour une voiture (semi) autonome. Les responsabilités ne sont pas encore établies.

Ironie du sort, la victime est le dénommé Joshua Brown, un membre actif de la communauté Tesla qui vantait les mérites du pilote automatique sur internet. Il s'était fait largement connaitre un mois plus tôt en publiant une vidéo avec laquelle il louait le pilote automatique pour l'avoir sauvé d'un accident avec un camion qui s'était rabattu contre lui, alors qu'aucun des deux conducteurs n'avait détecté le danger.

Cette fois malheureusement, ni le pilote automatique, ni le conducteur n'ont réagi.

Nouveauté : Tesla Model S restylée

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Un semi-remorque en tort ?


L'accident s'est produit en Floride sur une voie rapide à chaussée séparée, au croisement avec une route secondaire. Un camion tournant à gauche y a coupé la trajectoire de la Tesla Model S, qui est passée sous la remorque trop basse, brisant le pare brise, est sortie de route et a percuté deux clôtures et un poteau électrique. Le conducteur de la voiture est décédé sur les lieux de l'accident, celui du camion est indemne.

Le rapport de la police relayé par l'Associated Press ne permet pas d'en avoir la certitude, mais tout porte à croire que le chauffeur du camion n'a pas vu la voiture ou a mal estimé le timing et s'est engagé alors qu'il n'aurait pas dû.

Reconstitution du 1er accident mortel d'une Tesla en pilote automatique

Des lacunes connues


Reste à déterminer la part de responsabilité du pilote automatique de la voiture.

Dans un billet intitulé « Une perte tragique », dans lequel il cherche l'équilibre entre condoléances et mise en perspective, Tesla indique que ni l'Autopilot ni le conducteur n'ont vu la remorque blanche en contre-jour, et que ni l'un ni l'autre n'a freiné.

Lors d'un précédent incident, le constructeur avait reconnu que ses véhicules pouvaient ne pas détecter certains obstacles, notamment ceux suspendus en hauteur. C'est justement le cas d'une remorque entre son tracteur et son essieu arrière.

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Le pilote automatique néanmoins plus sûr ?


Tesla reconnait que l'Autopilot s'améliore avec le temps mais qu'il n'est pas parfait. Il rappelle que le conducteur doit rester alerte, et précise que ce dernier doit explicitement activer le pilote automatique et reconnaitre que c'est une technologie encore en développement, une assistance qui requiert de rester responsable du véhicule.

Pour autant, le constructeur estime que, en conjonction avec la supervision du conducteur, « les données montrent sans équivoque que l'Autopilot améliore significativement la sécurité comparé à une conduite manuelle ». Il précise que c'est le premier accident mortel en plus de 210 millions de kilomètres au pilote automatique, alors que la moyenne américaine est de 150 millions de kilomètres. Mais Tesla compare ici l'incomparable : un kilométrage réalisé essentiellement sur voie rapide, statistiquement plus sûre, à un kilométrage toutes voies confondues.

La sécurité routière américaine a quoi qu'il en soit ouvert une enquête, à laquelle Tesla collabore, et dont les conclusions seront prochainement rendues publiques.

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Tesla Model S D
Modifié le 01/07/2016 à 14h24
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