le mercredi 24 février 2016

Jeu de go : le champion veut terrasser la machine

Lee Sedol, actuel quatrième au classement mondial du jeu de go, en est sûr : il va battre AlphaGo, le programme de Google, dans le match qui les opposera du 9 au 15 mars prochain.

Après avoir vaincu largement le champion d'Europe en titre Fan Hui, AlphaGo, le programme d'intelligence artificielle de DeepMind, filiale de Google, va s'attaquer à Lee Sedol, l'un des meilleurs joueurs de ce jeu millénaire inventé en Chine.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le champion ne compte pas être défait par la machine. Interrogé par l'Associated Press, Lee Sedol a déclaré qu'il pensait battre AlphaGo 4-1, voire 5-0.

Un poil prétentieux le champion ? Sans doute pas. Car pour battre le Français Fan Hui, AlphaGo a utilisé 1 202 CPU et 176 GPU. Une puissance qui devrait lui permettre de se classer à la 279e place mondiale. Bien loin de Lee Sedol, donc, qui pense que l'ordinateur n'aura pas eu le temps de s'améliorer suffisamment pour pouvoir le battre. Vous pourrez donc assister à sa victoire en direct sur YouTube du 9 au 15 mars prochain !

Lee Sedol

Le Coréen n'en reste pas moins lucide quant aux avancées de l'informatique sur son terrain de jeu. Car s'il prédit sa victoire sans sourciller, il a également déclaré que « dans un ou deux ans, il sera vraiment difficile de prévoir un résultat. »

Là encore, difficile de lui donner tort, tant les algorithmes progressent en la matière. Il y a une vingtaine d'années, les programmes HandTalk ou Many Faces of Go ne parvenaient pas à battre des joueurs professionnels, bien que ces derniers soient handicapés de 25 à 29 pierres.

L'utilisation d'algorithmes de Monte-Carlo, il y a une dizaine d'années, a donné un coup de fouet à ce pan de recherche. Peu à peu, l'ordinateur parvenait à concurrencer les joueurs professionnels, sur des goban (le plateau du jeu de go) de plus en plus grands. Jusqu'à la victoire d'AlphaGo contre Fan Hui, sur un goban traditionnel de 19x19 et sans handicap pour l'humain.

La taille de ce plateau représente le principal défi pour les chercheurs : elle implique un nombre de possibilités qui interdit les méthodes combinatoires, utilisées lorsque vous jouez aux échecs contre une machine.
Modifié le 24/02/2016 à 10h51
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