le mardi 22 mars 2016

Batman pourrait-il vraiment exister dans la réalité ?

Alors qu'il s'apprête à en découdre avec l'Homme d'Acier dans Batman v Superman (Zack Snyder, 2016), sorti sur les écrans le 23 mars, nous nous sommes demandés si l'existence du justicier de Gotham - sans doute l'un des super-héros les plus crédibles jamais imaginé, notamment du fait de son absence de super-pouvoirs - était envisageable dans le monde réel.

Si la question se pose moins pour l'extraterrestre Kal-El, alias Superman, on peut se demander si un personnage tel que Batman pourrait exister dans la vraie vie. Pour certains, le justicier de Gotham n'est finalement qu'un geek surentraîné avec énormément d'argent pour s'acheter tous les gadgets nécessaires à sa lutte contre le crime. Mais en réalité ? On fait le point en 10 questions fondamentales.

Le costume effraie-t-il vraiment les voyous ?


Outre son utilité pour dissimuler les traits du justicier et éviter les représailles sur lui-même ou ses proches, le costume de Batman est souvent décrit dans les comics et au cinéma comme une arme psychologique à part entière. Sa couleur sombre l'aide à se confondre avec l'obscurité et génère un stress lié à une relative invisibilité, tandis que l'aspect général - inspiré d'un animal qu'on relie parfois au mythe du vampire - lui donne une aura fantastique et effrayante. Mais ça, c'est la théorie !

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Batman n'a jamais été incarné par des spécialistes de l'action bourrine, comme pour mieux souligner qu'il appartient aussi à la société civile

En pratique, on peut légitimement se demander si un homme vêtu d'une longue cape encombrante et d'une cagoule surmontée d'oreilles pointues n'aurait pas plutôt tendance à faire rire ses ennemis, au lieu de les pétrifier de peur. Cette méthode a pourtant des précédents, dont les plus pertinents, en provenance du Japon. Ainsi, l'armure des samouraïs se complétait souvent d'un Menpo, c'est-à-dire d'un masque de protection en fer ou en cuir, recouvrant tout ou partie du visage. Généralement, ces masques prenaient la forme de visages maléfiques et grimaçants, inspirés des Kami, c'est-à-dire des esprits de la nature dont le style évoque celui de nos démons occidentaux. Quant à l'habit intégralement noir, c'était l'atout-maître des ninjas, assassins qu'on ne présente plus et dont l'aptitude à frapper en surgissant de nulle part générait la terreur de leurs ennemis.

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Cornes, visage grimaçant... Les samouraïs étaient de grands guerriers, mais ils ne négligeaient pas l'arme psychologique.

Oui, mais - rétorqueront les sceptiques - ce qui faisait peur à l'ère féodale fonctionne-t-il encore de nos jours ? Bien sûr, le déguisement de Batman, vu en plein jour, donnera l'impression de sortir d'une boutique de farces et attrapes et fera tout juste détaler les voleurs de sacs à main. On peut douter de son efficacité sur des criminels très déterminés. Mais n'oublions pas que Batman joue beaucoup sur l'ambiance et l'effet de surprise, et qu'une apparition nocturne bien minutée est susceptible de donner l'avantage. Après quoi il faudra frapper fort...

Pourcentage de crédibilité : 70%

Peut-on garder une identité secrète ?


Cette question est au cœur de la plupart des récits de super-héros et on comprend facilement pourquoi : un justicier dont l'identité est connue risque de subir des représailles à l'encontre de ses proches, mais aussi d'être tout simplement entravé dans son action (médias, police, contrôle fiscal...). Le meilleur moyen de la préserver est encore d'agir à visage couvert, problématique que partagent, dans la vie réelle, les membres des forces d'intervention de type RAID (police) ou GIGN (armée), toujours cagoulés par mesure de sécurité.

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Les unités spécialisées dans l'intervention ont le culte du secret, avant tout pour leur propre sécurité.

Mais est-ce suffisant ? Imaginons un seul instant qu'un « vigilante » comme Batman se taille une solide réputation auprès des médias après une série de coups d'éclat, au point d'être pris très au sérieux. Il y a fort à parier pour que la course au scoop entre chaînes d'information continue et autres tabloïds, combinée à la profusion des smartphones équipés d'appareils photo, aient vite raison du secret de notre héros. Un « vrai » Batman se verra donc contraint de porter un masque intégral, de ne jamais parler (le coup de la voix rauque, ça ne trompera pas les logiciels de reconnaissance vocale) et d'éviter toute apparition publique. Contraignant, certes, mais susceptible d'accentuer son aura énigmatique.

Pourcentage de crédibilité : 60%
Modifié le 24/03/2016 à 17h53
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