le lundi 22 juin 2015

Faisons le point sur la rétrocompatibilité de la Xbox One

Annonce marquante de Microsoft à l'occasion de l'E3 2015, la rétrocompatibilité de la Xbox One est maintenant l'objet de quelques éclaircissements bienvenus.

Si le site officiel Xbox en France continue de préciser que « la console Xbox One n'assure pas la compatibilité descendante pour les jeux Xbox d'origine ou les jeux et applications Xbox 360 », Microsoft a profité de sa conférence E3 2015 pour insister sur cette fonctionnalité nouvelle. Logiquement, les choses se feront en deux temps : d'abord réservée au preview program, la rétrocompatibilité sera ensuite étendue et disponible pour tous les joueurs Xbox One d'ici la fin de l'année.

Un déploiement en deux temps qui ne surprendra personne tant le chantier est important. Puisque la Xbox One n'a - matériellement - pas grand-chose à voir avec la Xbox 360, l'unique solution semble être celle de l'émulation comme nous l'expliquent nos confrères de Digital Foundry. Ces derniers ont d'ailleurs eu l'occasion de tester plus en détail les options de rétrocompatibilité et ils nous livrent leurs premières impressions.

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Émuler un triple-cœur PowerPC sur un octuple-cœur x86


Digital Foundry explique que Microsoft a choisi une orientation bien différente de celle retenue au lancement de la Xbox 360. Pour que celle-ci soit compatible avec son aînée, Microsoft utilisait un encapsuleur spécifique à chaque jeu. Ni très élégante, ni très pratique, la solution avait le mérite d'être fonctionnelle, mais impliquait de gérer les choses au coup par coup. Il semble donc que pour la rétrocompatibilié de la Xbox One, Microsoft ait opté pour une émulation totale de la Xbox 360.

Microsoft semble ainsi d'être tourné vers une machine virtuelle qui ferait tourner l'intégralité du système d'exploitation de la Xbox 360 : l'idée est bien sûr que tout logiciel se comporte exactement comme il le ferait sur la console originelle. De fait, la Xbox One doit voir l'ensemble comme une de ses applications natives et se trouve en mesure d'utiliser toutes ses fonctionnalités comme la capture d'écran ou le partage de vidéo.

Précision utile en revanche : si l'émulateur reconnaît les jeux dématérialisés comme les jeux sur DVD, les disques ne servent que de clefs de vérification, il faut télécharger les données depuis le Xbox LIVE dans les deux cas. Ce système ne va évidemment pas faire plaisir aux possesseurs de petite connexion, mais pose surtout un problème pour Microsoft puisque, pour le moment, il n'est pas possible de faire fonctionner les jeux sur plusieurs DVD. Une solution est cependant à l'étude.



Un résultat encore perfectible


En mesure de tester la rétrocompatibilité sur quelques titres, Digital Foundry a d'emblée remarqué une différence de rendu. Les changements sont mineurs, mais nos confrères évoquent notamment un contraste sensiblement plus élevé sur Xbox One ainsi qu'un léger effet de edge-ringing que l'on retrouve sur certains objets. Soulignons que ces problèmes ne sont réellement perceptibles qu'en visionnant cote-à-cote les version originale et émulée d'un jeu. Rien de dramatique donc.

Digital Foundry passe ensuite en revue six des vingt-deux officiellement pris en charge pour le moment. Microsoft a bien sûr expliqué que cette liste allait s'allonger très rapidement, l'objectif étant d'accepter pour ainsi dire tous les jeux de la ludothèque Xbox 360. Sur les six jeux mentionnés par nos confrères, les résultats ne sont cependant pas équivalents.

Ainsi, l'émulation la plus aboutie concerne Kameo, l'un des titres de lancement de la Xbox 360. Sur Xbox One, impossible de remarquer qu'il s'agit d'une émulation et la fluidité de l'animation est préservée en toutes circonstances. Geometry Wars : Retro Evolved et Jetpac Refuelled sont pour ainsi dire logés à la même enseigne avec une émulation quasi parfaite.



En revanche, les choses se gâtent avec N++. Sur Xbox 360, le jeu profitait effectivement d'une vitesse d'animation constante à 60 ips. Sur Xbox One en revanche l'émulation ne parvient pas à éviter un effet de stuttering plutôt gênant. Le cas de Perfect Dark Zero est un peu différent : le jeu souffre de sérieux problèmes de fluidité sur Xbox One, mais s'avère au final plus jouable que sur Xbox 360 où sa mauvaise réputation n'est pas usurpée. Enfin, Mass Effect constitue une déception : si les cinématiques passent impeccablement, de nombreuses séquences souffrent de ralentissement très pénibles et les choses sont parfois injouables.

Pour l'heure, le bilan de cette émulation est donc mitigé, mais n'oublions pas que la sortie n'est pas prévue avant plusieurs mois et le simple fait d'émuler ainsi la Xbox 360 sur une Xbox One est déjà un tour de force assez remarquable. Faisons donc preuve d'un peu de patience et attendons de voir comment Microsoft va contourner les problèmes évoqués.

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Modifié le 14/02/2018 à 17h10
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