le mardi 19 décembre 2017

La CNIL veut que Facebook arrête de collecter les données WhatsApp

La CNIL, Commission nationale de l'informatique et des libertés, a une nouvelle fois dans son collimateur le réseau social Facebook. Cette fois et sans surprise, puisque la question avait déjà été soulevée en 2016, c'est le transfert de données de WhatsApp vers Facebook qui est remis en cause. Selon la CNIL, ce transfert ne respecte pas la loi en vigueur en France.

WhatsApp est dans le viseur de la CNIL et des instances similaires à l'étranger depuis que l'entreprise s'est faite racheter par Facebook en 2014. Plus particulièrement, c'est un changement des conditions d'utilisation datant de 2016 qui ne semble pas conforme à la loi.

Des données transmises de WhatsApp à Facebook


Le réseau social n'a pas tenté de cacher la collecte de données : le 25 août 2016, comme le rappelle la CNIL sur son site Internet le 18 décembre 2017, de nouvelles conditions d'utilisation sont publiées par WhatsApp. Le service de messagerie annonce que, désormais, des données personnelles de ses utilisateurs seront transmises à sa maison-mère, Facebook. Ces données pourront être utilisées pour le ciblage publicitaire, la sécurité et l'évaluation des services.

Selon l'enquête menée par les spécialistes commissionnés par la CNIL, les données des 10 millions d'utilisateurs de WhatsApp n'ont pas été utilisées par Facebook à des fins publicitaires. Toutefois, la CNIL confirme un transfert de données entre les deux entreprises, ce qui ne serait pas conforme à la réglementation en vigueur, en particulier car ce transfert se fait sans avoir recueilli le consentement explicite de l'utilisateur.

facebook logo


Facebook peu coopératif, la CNIL se fâche


En fait les utilisateurs de WhatsApp n'ont, dans la version actuelle des conditions d'utilisation des services, pas le choix : soit ils utilisent WhatsApp et autorisent le transfert de données, soit ils n'utilisent pas WhatsApp. La CNIL demande donc à Facebook de se mettre en conformité avec la réglementation en vigueur et ce, sous trois mois. Si rien n'est fait, la CNIL pourrait bien décider de prendre des mesures et sanctionner Facebook.

Si Facebook et WhatsApp ne font rien, les sanctions ont de fortes chances de leur tomber dessus : la CNIL a, dans son communiqué, souligné que WhatsApp n'a pas été coopératif dans le cadre de l'enquête. Cette absence de coopération a conduit à la publication de la mise en demeure sur le site de la CNIL qui rappelle toutefois que cette mise en demeure n'est pas une sanction contre l'entreprise mais un simple avertissement.

Modifié le 19/12/2017 à 09h17
Commentaires