Une prothèse de main capable de distinguer les objets

Des chercheurs de l'université britannique de Newcastle sont parvenus à développer une prothèse de main capable de voir les objets et de les identifier, pour optimiser leur prise en main. Une technologie à la fois révolutionnaire et bon marché.

Guidée par une intelligence artificielle, cette main intelligente est déjà capable de distinguer 500 objets de la vie courante.

La prothèse a des yeux


Les dernières avancées en matière de prothèse de main permettent déjà aux personnes amputées d'activer le membre de manière naturelle : par contraction musculaire. Mais les prothèses myoélectriques butent toujours sur un écueil : la sensibilité. Des chercheurs en biomécanique de l'université de Newcastle ont peut-être trouvé un palliatif enfin efficace : offrir la vue à la prothèse.

En surmontant une prothèse d'une simple webcam Logitech, l'équipe du Dr Kianoush Nazarpour a réalisé des progrès inédits dans la reproduction de gestes de préhension naturels. La prouesse consiste à coupler la caméra à une intelligence artificielle. Ainsi dotée du sens de la vue, ou plus exactement d'une technologie de computer vision, l'IA a appris grâce au deep learning à reconnaître 500 objets usuels. Quand l'usager approche la prothèse d'un objet, la caméra prend une photo que l'IA interprète instantanément. La main adopte alors la meilleure position pour saisir l'objet : une pince à deux doigts pour un stylo, une prise verticale pour une bouteille, etc. L'usager n'a plus qu'à contracter le muscle pour confirmer l'action.



Un système adaptable aux prothèses du marché


Avec un peu de pratique, une personne équipée de cette prothèse retrouve un usage presque normal de sa main. L'apprentissage est considérablement facilité. La main intelligente est en plus capable de s'adapter à son environnement, en apprenant à saisir de nouveaux objets.

Le système a, qui plus est, le bon goût d'être très peu cher et d'être adaptable à de nombreuses prothèses du marché. Le réseau neural de l'IA n'atteint pas encore un taux de reconnaissance de 100 %, mais la personne amputée conserve la possibilité de reprendre un contrôle manuel de sa prothèse. L'équipe de Newcastle travaille sur la prochaine étape : intégrer des capteurs de pression et de température, rapprochant les membres artificiels un peu plus des performances encore inégalées d'une main organique.




Modifié le 12/05/2017 à 13h42
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