Terrorisme : Paris et Londres réfléchissent à des amendes pour les géants du Net

En marge de sa visite à Paris à l'occasion du match de football France-Angleterre au Stade de France, Theresa May a annoncé conjointement avec Emmanuel Macron, mardi 13 juin, que Paris et Londres réfléchissaient à la possibilité de sanctionner financièrement les réseaux sociaux et messageries qui échoueraient à bloquer les contenus violents diffusés par la propagande djihadiste.

Ces amendes pourraient s'aligner sur les montants déjà envisagés par l'Allemagne, à hauteur de 50 millions d'euros.

Facebook et WhatsApp critiqués


Au lendemain de l'attentat ayant visé un concert de la chanteuse Ariana Grande (bilan provisoire de 23 morts et 116 blessés), la Première ministre britannique Theresa May s'en était vertement prise aux réseaux sociaux et à Internet, vecteur selon elle d'une diffusion presque sans frein de la propagande djihadiste et de communication entre les terroristes.

Une analyse partagée par Paris. Le président français Emmanuel Macron a donc profité de la venue en France de la cheffe du gouvernement britannique pour proposer des mesures visant à « s'assurer qu'Internet ne puisse être utilisé comme un espace sûr par les terroristes et les criminels ».

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Une responsabilité légale et des sanctions financières


Theresa May et Emmanuel Macron vont discuter ensemble de la création d'une responsabilité légale des entreprises de la tech, impliquant des sanctions financières quand elles échouent à supprimer les contenus appelant à la haine ou au meurtre. La pression risque donc de s'accroître très nettement en Europe sur Facebook, Twitter, Google ou encore les messageries comme WhatsApp ou Telegram, qui fait du secret des échanges sur sa plateforme son principal argument commercial.

Sentant la charge venir, la plupart de ces entreprises travaillent ou ont déjà mis en place des outils pour détecter et supprimer automatiquement les contenus extrémistes. Mais ces derniers ne sont pas toujours efficaces et leur vigilance n'est pas infaillible. La Commission européenne a néanmoins salué ces progrès. Outre la France et l'Allemagne, d'autres Etats réfléchissent à la création de sanctions financières en cas d'échecs répétés ou de laxisme. L'Allemagne suggère la somme de 50 millions d'euros. Plusieurs voix s'élèvent cependant contre ces projets, faisant remarquer que, sous couvert d'affirmation de son autorité, la puissance publique s'apprête en fait à transférer un immense pouvoir de censure de la liberté d'expression à des entreprises privées, au prétexte de la lutte antiterroriste.


Modifié le 13/06/2017 à 17h05
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