http://www.lemonde.fr/web/recherche_articleweb/1,13-0,36-393895,0.htmlPour M. Le Pen, "l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine"
LE MONDE | 12.01.05
Dans un entretien à l'hebdomadaire négationniste "Rivarol", il présente la Gestapo comme une police protectrice de la population.
On savait que, pour le président du Front national, les chambres à gaz n'étaient qu'un "détail" dans l'histoire de la seconde guerre mondiale. Cette fois, Jean-Marie Le Pen explique que l'occupation allemande, en France, n'a été accompagnée que de quelques "bavures". Il présente en outre la Gestapo - police politique qui fait partie des organisations jugées criminelles par le tribunal de Nuremberg - comme une police protectrice de la population.
Interrogé sur les "commémorations de la fin de la seconde guerre mondiale" par Rivarol, hebdomadaire antisémite et négationniste, M. Le Pen n'hésite pas à affirmer qu'"en France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même, ajoute-t-il, s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés".
Pour illustrer ses dires, le président du FN raconte, dans cet entretien publié le 7 janvier, l'histoire d'un lieutenant allemand qui, "fou de douleur que son train de permissionnaires ait déraillé dans un attentat, causant ainsi la mort de ses jeunes soldats, voulait fusiller tout le village". C'est, explique M. Le Pen, "la Gestapo de Lille (...) qui arriva aussitôt pour arrêter le massacre".
Oubliés les fusillés de Châteaubriant (Loire-Atlantique) ou les pendus de Tulle (Corrèze), pour ne citer qu'eux. A moins que M. Le Pen ne classe leur exécution parmi les "bavures". A Châteaubriant, 27 prisonniers politiques internés dans un camp de la ville ont été fusillés le 22 octobre 1941, en représailles au meurtre d'un Allemand à Nantes. A Tulle, 99 habitants ont été pendus par les Allemands, le 9 juin 1944, le lendemain de la libération de la ville par le maquis de Corrèze.
Oubliée aussi la déportation des juifs de France planifiée à partir de juin 1942 par la section de la Gestapo chargée des questions juives et mise en œuvre avec la complicité de l'Etat français de Vichy. Sur 75 000 juifs ainsi déportés, moins de 2 500 ont survécu.
Evoquant le "drame d'Oradour-sur-Glane", Jean-Marie Le Pen laisse entendre que la vérité n'est pas celle que l'on croit et déclare qu'"il y aurait beaucoup à dire". Il fait ainsi écho, sans s'y référer explicitement, à une thèse révisionniste bien connue des lecteurs de Rivarol : selon cette thèse, des explosifs auraient été dissimulés par les résistants dans l'église où le 10 juin 1944 la division SS Das Reich avait enfermé 642 civils (parmi eux, 245 femmes et 207 enfants) avant de mettre le feu au bâtiment. Cette thèse justifie le massacre en parlant de mesure de représailles aux activités des maquis. Ces affirmations, proférées notamment dans une cassette vidéo par Vincent Reynouard, un néonazi reconnu coupable à plusieurs reprises de négationnisme, ont valu à leur auteur d'être condamné, le 4 juin 2004, à vingt-quatre mois de prison, dont six mois ferme, par la cour d'appel de Limoges, pour "apologie de crime de guerre".
M. Le Pen explique enfin, toujours dans cet entretien, que "si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques". Et le président du FN conclut : "Ce n'est pas seulement de l'Union européenne et du mondialisme que nous devons délivrer notre pays, c'est aussi des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des mesures d'exception. D'où notre volonté constante d'abroger toutes les lois liberticides Pleven, Gayssot, Lellouche, Perben II." Des lois qui condamnent notamment le racisme et l'antisémitisme.
Christiane Chombeau
http://actu.tiscali.fr/francemonde/detail.asp?ID=111373Vives réactions à des propos de Le Pen sur l'Occupation [ 12/01/2005 - 21:20 ]
PARIS (Reuters) - Jean-Marie Le Pen a suscité à nouveau une vague d'indignation en déclarant que l'occupation allemande n'avait "pas été particulièrement inhumaine" en France pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le ministre de la Justice, Dominique Perben, a demandé au parquet de Paris d'ouvrir une enquête préliminaire sur les déclarations de Jean-Marie Le Pen.
"Il devra s'en expliquer devant la justice", a dit le garde des Sceaux sur LCI.
Le parquet devra examiner la possibilité d'engager des poursuites contre le dirigeant d'extrême droite qui, au creux de la vague, aurait pu tenir délibérément des propos provocateurs pour faire parler de lui.
"Ce n'est pas seulement de l'Union européenne et du mondialisme que nous devons délivrer notre pays, c'est aussi des mensonges sur son histoire, mensonges protégés par des mesures d'exception", a déclaré le président du Front national dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol.
"En France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés", a-t-il ajouté.
A l'appui de ses dires, Jean-Marie Le Pen cite l'histoire d'un lieutenant allemand qui voulait faire fusiller tout un village après la mort de ses soldats dans le déraillement d'un train et qui en a été empêché par la Gestapo de Lille.
"Si les Allemands avaient multiplié les exécutions massives dans tous les coins comme l'affirme la vulgate, il n'y aurait pas eu besoin de camps de concentration pour les déportés politiques", avance-t-il.
Evoquant le drame d'Ouradour-sur-Glane, le dirigeant du FN déclare qu'il "y aurait beaucoup à dire", laissant entendre que la vérité n'est pas forcément celle que l'on croit.
"REVISIONNISME"
Le 10 juin 1944 , des éléments de la division SS Das Reich pénétrèrent dans le village d'Oradour, près de Limoges. Ils fusillèrent les hommes. Les femmes et les enfants périrent dans l'église incendiée. Il y eut au total 642 victimes.
Vincent Reynouard, poursuivi pour la réalisation d'une cassette vidéo intitulée "la Tragédie d'Oradour-sur-Glane : 50 ans de mensonges officiels", a été condamné en juin dernier à 24 mois de prison, dont six fermes, par la cour d'appel de Limoges pour "apologie de crimes de guerre".
Revenant sur les poursuites engagées contre lui-même ou le délégué général du FN Bruno Gollnisch, Jean-Marie Le Pen dénonce "l'injustice de la justice".
"Lorsque des magistrats, au mépris de ce qui est leur obligation morale et fonctionnelle, bafouent le principe d'équité et accordent le bénéfice de la bonne foi à des gens qui à l'évidence ne le sont pas (...), c'est proprement révoltant", dit-il.
Il cite le cas "des journalistes du Monde sur la torture qui aurait été pratiquée par le lieutenant Le Pen en Algérie comme le prouverait un poignard des Hitlerjugend à mon nom, méticuleusement conservé par un Algérien pendant quarante ans et que ce dernier a brandi à l'audience". "Qui peut croire sérieusement à cette fable ?", demande-t-il.
Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, et Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, ont dénoncé le "révisionnisme" du président du FN.
La responsable communiste a approuvé la décision du garde des Sceaux d'engager des poursuites judiciaires car l'Etat "se doit de réagir face à de telles allégations".
"Une fois de plus, Jean-Marie Le Pen laisse apparaître ce qu'il est vraiment: un nostalgique de la barbarie nazie et un adepte du révisionnisme", a déclaré le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy.
Interrogé sur les propos de Jean-Marie Le Pen, Richard Sereso, président de la Licra, a dénoncé des "propos minables, qui inspirent le mépris, le dégoût, mais qui ne sont pas surprenants".
"Il n'y a pas de scoop, on sait à quoi s'en tenir sur le personnage. Sur Oradour-sur-Glane, ça s'appelle du révisionnisme, s'il a beaucoup à dire qu'il le dise, qu'il s'expose", a-t-il ajouté.
Pour Jean-Claude Peyronnet, président du Centre de la mémoire d'Ouradour-sur-Glane, Jean-Marie Le Pen continue à répéter "les mêmes mensonges qui ne sont pas scientifiques". "Les études historiques sont solides", a-t-il dit.
Pour le Crif, ces déclarations "salissent la mémoire de toutes les victimes du nazisme, déportés et résistants, et de l'ensemble de la population française qui fut soumise pendant plus quatre années à la plus atroce des occupations et des humiliations".
Il faudrait peut être remettre en service l'un des fours d'Auswitch et lui faire essayer pour lui faire comprendre?
Mais comment va t-il justifier de tel propos?
Lui qui se disait résistant.
Afin de ne pas emballer le débat, on essaiera de rester "convenable" dans la formulation de son post. ;)
C'est pas difficile à justifier : il va surement dire que ça a été moins dur en France que dans d'autres pays : la Pologne, et les pays de l'est en général. Ca qui est vrai, même si tout le monde sait très bien que ce n'est pas ça qu'il avait en tête au moment de prononcer sa phrase.
Ca me paraît plus convenable comme post que de dire que 50 millions de morts n'est qu'un "détail de l'histoire".
C'est une remarque préventive que j'ai faite, afin que ça ne dérape pas. ;)
Il n'a jamais visité l'Eglise D'Oradour. Les murs sont toujours là. S'il y'avait eu des explosifs, je crois qu'il y aurait un trou à la place.Evoquant le "drame d'Oradour-sur-Glane", Jean-Marie Le Pen laisse entendre que la vérité n'est pas celle que l'on croit et déclare qu'"il y aurait beaucoup à dire". Il fait ainsi écho, sans s'y référer explicitement, à une thèse révisionniste bien connue des lecteurs de Rivarol : selon cette thèse, des explosifs auraient été dissimulés par les résistants dans l'église où le 10 juin 1944 la division SS Das Reich avait enfermé 642 civils (parmi eux, 245 femmes et 207 enfants) avant de mettre le feu au bâtiment.
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