Toute cette discussion montre à quel point le public est victime de "l'opinion publique". Cette référence politique foireuse qui sert les arguments de tout le monde n'est pourtant qu'un reflet de l'obscurantisme populaire...
Je ne vais pas prendre la défense de la SACEM ici, mais il est visiblement alarmant de voir à quel point cette très nécessaire société est prise pour un monstre assoiffé de dollars.
C'est un peu comme avec les petits chats qu'on va noyer honteusement, on fustige les vilains qui assassinent des chatons et on félicite celui qui attrape un rat!
La subjectivité règne...
Depuis que ce débat est présent
sur la toile il a furieusement montré à quel point l'internaute était capable de gagner des points godwin (
fr.wikipedia.org... ) et respecter tout à fait le profil douteux de l'opinion publique : l'irrationalité.
Un exemple : ©google c'est gratuit et vachement pratique, grâce à cette gratuité elle est devenue une valeur en bourse de premier plan, en fait, à chaque fois que vous allez sur ©google, ou pas, vous influencez son cours... Le jour ou il faudra boycotter ©©©google parce qu'il fait fabriquer des octets par des enfants chinois sous-payés il n'y aura personne. Ce qui compte pour la société c'est qu'elle puisse produire des idoles jetables : il y a pourtant une bonne part de l'art qui se contrefiche du vedettariat et c'est de là que viennent la plupart des artistes qui nous font avancer, je veut dire qui ont des effets tangibles et positifs sur la société justement...
Que ce soit Condorcet ou Coluche peut importe.
Alors les droits d'auteurs sont là pour maintenir les auteurs dans une certaine indépendance, ne pas être trop sous le joug d'un bienfaiteur ou d'un prince est essentiel si l'on veut que les auteurs* restent les gardiens de phare de nos libertés fondamentales.
La gratuité est une valeur du monde marchand, ce mot n'existe généralement pas pas dans une société qui ignore la propriété privé.
Le mot est complexe : gratuit, grâce, merci (mercy). Ce merci que l'on dit étrangement à tous nos échanges commerciaux et cette grâce dont le sens a glissé pour sublimer non pas la gratuité mais la naïveté des hommes.
Pour finir (car mon temps gratuit est compté), et si nous voulons avoir du recul sur le sujet, je vous invite à méditer sur ce qu'il se passe dans l'industrie en guerre avec la contre-façon et à quel point ces industriels ont influencé notre opinion sur le droit d'auteur et l'intérêt de son existence alors même que nous avons peu de connaissance du dit "droit d'auteur". Les milliards de dollars en jeu dans les histoires sordides de médicaments ou de chaussures de sport se sont fait sur une exploitation tronqué de la notion de propriété intellectuelle, belle invention française désormais introduite dans la jurisprudence américaine et mondiale. A force d'assimiler le droit d'auteur à l'industrie impitoyable du monde marchand on oublie ce qu'il faut défendre avec et avant tout : nos libertés.
(*écrivains, compositeurs, plasticiens, chorégraphes, éditeurs)