La situation de RIM et les actions (médiatiques, boursières, juridiques, ...) à l'encontre de cette marque n'ont plus rien à voir avec la qualité (ou pas) de ses produits depuis longtemps.
Cet acharnement a commencé il y a quelques mois, avec l'apparitions des possibilités de l'OS 10 (nommé auparavant BBX, issu de QNX, racheté par RIM en 2009). Cet OS (sa pré-version tourne sur le PlayBook) inquiète beaucoup la concurrence. Les raisons sont simples : seul OS destiné aux mobile devices vraiment multi-processeurs (chaque processeur travaille en totale indépendance de l'autre (ou des autres dans le cas du quadcore) si nécessaire), une optimisation de la gestion mémoire unique, des "api" graphiques aux capacités ahurissantes, etc. C'est pourquoi vous trouvez aujourd'hui des applications (très gourmandes en ressources comme certains jeux) qui sont à 100% identiques en termes de rendu, de fluidifié et de réactivité sur le PlayBook vs. l'iPad3 (alors que rappelons le, PlayBook a déjà 1 an [toute chose égale par ailleurs, l'écran de l'iPad 3 demandant plus de ressources de par sa définition pour les puristes ;-)].
Cet OS est également capable d'allouer à chaque application un "noyau indépendant" qui contient tous les éléments nécessaires pour (je simplifie) rendre l'appli autonome de l'OS. Si une application plante, l'OS ne plante pas. L'application s'arrête, le reste continue de tourner normalement. Jusqu'à 6 ou 8 applis en réel multitâches peuvent tourner sans problème (c’est unique sur un Smartphone ou une tablette). Et cette même caractéristique permet d'allouer dans le noyau précité les éléments nécessaires pour faire tourner des applications destinées à l'origine pour un autre OS... Vous pouvez donc dans le même temps avoir une application originale Playbook ou OS10 et une application Android. Et en poussant le raisonnement plus loin, pour peu que vous puissiez légalement le faire, du WS ou de l'iOS (Au passage, précisons que cela est aussi possible parce que finalement, tous les processeurs du marché utilisent grosso modo les mêmes « entrées sorties » et composants secondaires (graphiques, sons, interfaces…)). Enfin, cet OS gère le flash sans problème et est le plus rapide qui soit pour le HTML5. Ce point a aussi son importance puisque l'avenir de bon nombre de services web passera par le HTML 5 qui offre des possibilités indéniables pour faire aussi bien qu'une appli locale (ce qui risque donc de faire mal à terme au marché de l'appli embarquée, qui représente un sacré business pour Apple ou Google. Un exemple déjà cité : sur iPad il vous faut une appli pour les Pages Jaunes, sur le PlayBook, pas besoin puisque le browser est identique à celui d’un PC (ne sautez pas sur l’exemple Pages Jaunes, ce n’est peut être pas le plus représentatif mais l’idée est là, pas besoin d’acheter ou d’installer une appli).
Bilan des courses ? Si vous ajoutez les capacités de cet OS (n’importe quel développeur l’ayant testé vous le confirmera) aux brevets exclusifs RIM en matière de gestion com (brevets et serveurs RIM BES, BIS, BBM, etc.) qui empêchent aujourd’hui Apple ou Google d’offrir le même service, il est facile de comprendre que toute la Silicon Valley s’organise pour faire tomber RIM et son OS. Et si vous observez bien les attaques juridiques, les manœuvres des providers américains en téléphonie et les manœuvre boursières, quasiment toutes sont en provenance directe ou indirecte de la Californie (Rim étant canadien, rappelons le). La quête du grâle ? Faire chuter au plus bas RIM pour le racheter et/ou surtout l’empêcher de sortir l’OS 10. Et le fin du fin… Geler le projet pour continuer à vendre sur les OS actuels qui détiennent le monopole pour ensuite, petit à petit, sortir certaines de ses innovations au compte goûte et ainsi maintenir un marché qui rapporte gros, au détriment du consommateur.
Cette histoire de blocage d’innovation pour maintenir un marché existant par le ou les dominants n’est pas nouvelle. L’OS dominant 90% du parc mondial aujourd’hui sur les PC de Monsieur Crosoft était une @!#$?* face aux OS Apple, Atari, Commodore il y a quelques dizaines d’années (enfin disons qu’il était sérieusement dépassé). C’est pourtant lui qui a gagné et qui a petit à petit, chaque année, ajouté des fonctionnalités qui existaient pourtant depuis bien longtemps sur ces autres OS (gestion multi disques en série, gestion spooler printer laser, environnement graphique, etc.).
Business is business, celui qui a le plus gros compte en banque peut acheter les médias (par la publicité), les distributeurs et surtout les sociétés concurrentes innovantes pour ensuite les étouffer (le cas ce jour de FaceBook rachetant je ne sais plus qui est flagrant) puis exploiter le jour venu l’innovation en question. Peut-on en vouloir à Apple (par exemple !) de manœuvrer de la sorte ? Certes non. Car le piège dans lequel se trouve Apple (idem pour Google) est d’avoir aujourd’hui un tel parc matériel installé qu’il est difficile de sortir un nouvel OS mieux fagoté sans remettre en cause la compatibilité ascendante et descendante de toute sa gamme. Dire aux millions de possesseurs d’iPads et d’iPhones aujourd’hui « désolé les gars, on revoit la copie, on peut mieux faire mais ça sera incompatible avec tout ce que vous nous avez acheté » est impossible. Alors on continue avec un système (certes très bon !) mais qui est déjà dépassé dans les faits et qui déjà est vieillissant (idem pour le noyau Android).
Celui qui gagne et domine n’a pas forcément la meilleure solution technique, qu’il s’agisse de Smartphone, d’automobile, de réfrigérateurs ou autre. Par contre, il fait le marché et décide de ce qu’on pourra se mettre sous la dent au noël prochain.