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// Napster, Razorback : petit historique des mésaventures des services de partage

La fermeture de Megaupload par les autorités américaines, en fin de semaine dernière, a créé l'émoi sur la Toile : la disparition du site d'hébergement de fichiers, qui monopolisait jusqu'à 4% du trafic mondial sur Internet, a bouleversé les habitudes de millions d'internautes « partageurs ».

Mais la fermeture de Megaupload n'est pas la première à avoir transformé le paysage du Web, et plus précisément le monde du partage et du Warez. Petit voyage dans le temps avec cette sélection non-exhaustive.
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Publiée par Audrey Oeillet

le lundi 23 janvier 2012


  • Napster

    Napster

     
  • KaZaa

     
  • Razorback eMule

     
  • The Pirate Bay

     
  • LimeWire

     
  • OiNK

     
  • Newzbin

     
  • Wawa mania

     
  • eMule Paradise

     
  • AlloShowTV

     
Crédit : DR
 
Né en 1999, Napster est clairement l'un des pionniers du peer-to-peer : limité au partage de fichiers mp3, le logiciel permettait aux internautes majoritairement abonnés au 56k à l'époque de partager de la musique. Il n'aura pas fallu longtemps avant que la RIAA, qui représente les principales maisons de disques aux Etats-Unis, saisisse la justice américaine : en 2000, Napster ferme temporairement, puis revient en ligne. En juillet 2001, le logiciel est définitivement retiré alors qu'il cumule 25 millions d'utilisateurs.

Si l'aventure du logiciel s'arrête là, la marque Napster, elle, perdure : rachetée par Roxio en 2002 et devient une plateforme de vente de musique légale. Proposé dans plusieurs pays – USA, Canada, Japon, Royaume-Uni, Allemagne – il propose un temps un service de musique en streaming illimité et téléchargement. Mais l'aventure s'arrête définitivement en décembre 2011 lorsque Napster fusionne avec la plateforme Rhapsody, deux mois après son rachat. La fin d'un nom, plus que la fin d'une époque.
Conçu en 2001 entre autres par Niklas Zennström et Janus Friis, qui créeront par la suite Skype, KaZaa peut être considéré comme l'héritier de Napster dont il devient l'alternative suite à sa fermeture. Le principe est similaire : proposer l'échange de fichiers en pair-à-pair pour télécharger à plusieurs endroits, de façon décentralisée. Aux abois depuis l'affaire Napster, toujours en cours à l'époque, la RIAA et les majors ne tardent pas à s'intéresser à KaZaa : les procès s'enchainent dès 2001, entrainant des condamnations et autres amendes, le service étant incapable de gérer la suppression de fichiers enfreignant les droits d'auteurs sur le réseau.

L'histoire de KaZaa est un vrai yoyo cumulant suspensions et retours du service, condamnations et, parfois, victoires. Boudé par les utilisateurs en raison de la présence de malware dans le logiciel et l'émergence d'alternatives comme eDonkey, KaZaa ferme en 2005 suite à un énième procès. A l'image de Napster, KaZaa existe aujourd'hui sous la forme d'une plateforme légale.
Si eDonkey a sorti son porte-monnaie en 2006 pour mettre fin aux poursuites de la RIAA pour la coquette somme de 30 millions de dollars, les serveurs utilisés par la plateforme n'ont jamais été à l'abri : à ce titre, on se rappelle de la fermeture de Razorback, en 2006.

Accessibles via eDonkey, eMule ou encore Shareaza, les serveurs Razorback basés à Zaventem, en Belgique, furent saisis fin février 2006. Destinés à assurer le transit des fichiers entre les utilisateurs des services de peer-to-peer comme eMule et eDonkey, ces serveurs comptaient parmi les plus conséquents du milieu et leur saisie laissait penser à la fin de l'âge d'or de ces services, alors que la loi DADVSI, future HADOPI, pointait le bout de son nez. A la suite de leur fermeture, de nombreux serveurs affichant le même nom sont apparus, la plupart désireux de tirer profit de la médiatisation du nom Razorback. Mais la situation a également développé une certaine paranoïa, les adeptes du peer-to-peer craignant d'être espionnés.
Dans la famille des moteurs de recherche de fichiers BitTorrent, l'histoire de The Pirate Bay restera longtemps synonyme de grande saga judiciaire : lancé en 2003 en Suède, le site devient rapidement une référence pour les adeptes des fichiers .torrent, autre méthode pour partager des fichiers en peer-to-peer. Les hostilités démarrent en mai 2006 avec la saisie massive de 180 serveurs sur ordre du ministère de la Justice suédois. Une situation qui entraine l'ouverture de nouveaux serveurs, aux Pays-Bas cette fois.

En février 2009, le procès opposant les fondateurs de The Pirate Bay aux majors du cinéma et du disque s'ouvre en Suède : malgré un début prometteur, la situation tourne en défaveur des créateurs du site qui écopent d'un an de prison ferme et de 2,74 millions d'euros d'amende. Une condamnation confirmée en appel en 2010. Une situation qui a entrainé de véritables mouvements de foules, notamment en Suède où des manifestations ont attiré des milliers d'internautes.

Pour autant, malgré maints blocages dans plusieurs pays et une censure dans les moteurs de recherche, The Pirate Bay bouge encore : le site a récemment annoncé l'abandon des fichiers .torrent au profit des liens magnets.
Autre service de peer-to-peer poursuivi par la justice, LimeWire, logiciel exploitant le réseau gnutella, a été déclaré « mort » en octobre 2010 suite à son blocage empêchant les téléchargements depuis la version la plus récente. Ses déboires judiciaires, eux, étaient encore d'actualité en mai 2011, période durant laquelle les responsables de LimeWire ont accepté de verser 105 millions de dollars à 13 maisons de disque pour clore le procès intenté par la RIAA en aout 2006.
Fondé en 2004 par l'anglais Alan Ellis, la plateforme OiNK avait pour objectif de proposer des fichiers BitTorrent permettant de télécharger de la musique gratuitement, bravant au passage le droit d'auteur. Une situation qui, on s'en doute, n'a pas plu à l'industrie du disque : en 2007, l'IFPI (International Federation of the Phonographic Industry) et de la BPI (British Phonographic Industry) attaquent le site et le font fermer en octobre la même année. C'est la fin de OiNK, mais pas des poursuites judiciaires : en 2010, Alan Ellis a d'ailleurs été blanchi dans l'affaire, l'enquête ayant révélée que des professionnels de la musique étaient infiltrés de longue date sur la plateforme et n'avaient pas demandé sa fermeture, certains l'utilisant même à des fins personnelles en l'absence, à l'époque, d'offres légales.
Newzbin et Newzbin 2 sont deux annuaires de fichiers binaires qui défraient la chronique depuis plusieurs années : fermé en 2010 en raison de difficultés financières engendrées par les poursuites judiciaires à son encontre, Newzbin a été remplacé par Newzbin 2 qui, lui, perdure toujours, avec un hébergement en dehors du Royaume-Uni : une situation qui ne le met cependant pas à l'abri de la justice. L'annuaire est aujourd'hui bloqué par plusieurs FAI en Grande-Bretagne – British Telecom et Sky - et poursuivi en justice par les majors d'Hollywood, qui désirent sa complète fermeture.
Epinglé par la justice, le forum de partage de contenu illégal Wawa-mania a défrayé la chronique en 2010 après la convocation devant la justice de son fondateur Dimitri Mader, alias Zac. Ce dernier a immédiatement reçu le soutien du Parti pirate ainsi que de l'Atild. En mai 2010, l'association avait envahi les locaux de l'Alpa pour soutenir Zac, qui risque jusqu'à 3 ans de prison et 300 000 euros d'amende. En août 2010, l'Atild, qui avait mené une campagne de don pour aider le fondateur de Wawa-mania, annonce stopper son soutien face aux interrogation entourant des transactions financières effectuées pour financer la caution de Zac.

Plus d'un an et demi après l'arrestation de Zac, l'affaire est toujours en cours et Wawa-mania est toujours accessible, même si ses serveurs ont changé de pays.
Les serveurs d'eMule ne sont pas les seuls à avoir eu des soucis avec la justice : certains sites proposant des liens de téléchargement à destination du logiciel de peer-to-peer ont également fait l'objet de poursuites judiciaires. C'est le cas d'Emule Paradise, contre lequel plusieurs ayants-droit comme Universal, Galatée Films et Pathé Renn ont porté plainte en 2010. A la base fixé le 22 mars de la même année, le procès a été une première fois repoussé à septembre, puis à février 2011. A cette occasion, le tribunal a estimé qu'une partie du dossier était frappé de nullité, relançant l'enquête en vue d'une nouvelle instruction. Quant au site, il n'existe plus.
L'affaire Allomovie a commencé en novembre 2011, suite à l'assignation de plusieurs FAI devant le tribunal de grande instance de Paris par des éditeurs et producteurs de vidéo : ces derniers demandaient alors le blocage de plusieurs sites dont AlloShare, AlloMovie et AlloShowTV, des services de streaming illégal. Une demande qui a soulevé des arguments de forme, notamment du côté de Free en décembre dernier.

Mais l'affaire a récemment pris une tournure inattendue puisque AlloMovie et consorts ont fait figure de dommages collatéraux suite à la fermeture de Megaupload, et sont désormais eux-même hors-service. « Nous vous annonçons avec regret la fermeture définitive de ce site. Cette fermeture est principalement due au déréférencement de notre site par les moteurs de recherches (Google, Yahoo, Bing) aussi par la pression exercée par les ayants droits sur les fournisseurs d'accès pour bloquer le site » affirme la page d'accueil du domaine.

Mais est-ce la fin pour autant ? Comme l'atteste cet historique loin d'être exhaustif - il manque beaucoup, beaucoup de sites et services - l'histoire des plateformes de partage est un éternel recommencement, la fermeture d'un service engendrant bien souvent la naissance d'un ou plusieurs autres. Une hydre de Lerne numérique qui continuera sans doute longtemps à donner de la tête !
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