OVH pourrait prochainement inclure à ses offres d'accès à Internet un service de VPN permettant notamment de déjouer les restrictions géographiques de certains sites Internet. C'est ce qu'a annoncé ce week-end sur Twitter son charismatique PDG Octave Klaba.
Un VPN est pour rappel un relais auquel on se connecte pour devier sa connexion. Les réseaux privés virtuels servent ainsi aux employés en déplacement pour rallier leur réseau d'entreprise, mais ils permettent aussi à n'importe quel internaute de simuler une connexion provenant d'un lieu différent du leur. En se connectant à un VPN fonctionnant aux États-Unis, et donc en empruntant une adresse IP américaine, on peut par exemple accéder à des sites Internet réservés aux américains, tels que les services de vidéo à la demande Hulu ou Netflix. Avec un VPN basé dans un autre pays que la France, on peut aussi échapper totalement aux radars de l'Hadopi.
Mais OVH, qui s'adresse à un public d'initiés, ne mettra probablement en avant aucun de ces usages. L'
article L335-2-1 du Code de la propriété intellectuelle (CPI) interdit effectivement de
« proposer sciemment un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition non autorisée d'œuvres protégées », comme le soulignait le juriste Cédric Manara dans
un entretien avec le consultant en télécoms Nicolas Guillaume.
Le
tweet original n'évoque ainsi aucun usage :
« OVH va inclure à ses offres ADSL et VDSL un accès VPN localisé en Europe, aux USA ou en Asie. » Puis, interpellé par Nicolas Guillaume, le PDG d'OVH se décharge d'avance :
« C'est ton VPN, ton IP géolocalisée, tu en fais ce que tu veux. »
Autant que BitTorrent ou Usenet, un VPN peut répondre à des usages licites et légitimes, et les ayant-droits ne pourront probablement rien contre OVH, s'il concrétise bel et bien son annonce. Mais il se mettra à dos certaines chaînes de télévision, et renonce ainsi pour ainsi dire à l'idée de confectionner un jour un bouquet de télévision digne de ce nom.
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