NVIDIA Shield Android TV : le caméléon à l'assaut de votre salon

De l'intérêt du gaming


NVIDIA a dans son ADN le gaming. La marque promeut cette valeur depuis le début avec ses développements Shield. C'est le cas de cette box qui permet de jouer aux jeux Android comme Pac-man 256, mais aussi aux jeux stockés sur son PC via GameStream.

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Ici big up à NVIDIA, car GameStream fonctionne sans broncher. Il suffit que votre PC de jeu, tout de même pourvu d'une GeForce, soit allumé (au besoin la console peut le réveiller) pour que l'on démarre à distance une partie de n'importe quel jeu. Ça marche, et ça marche même très bien. On ne regrettera que l'absence d'outils de remapping des raccourcis clavier/souris à la manette Shield. Et évidemment, certains jeux comme les RTS plus pensés pour la souris, ne brillent guère, au contraire des FPS comme Far Cry 4.

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Navigation dans la bibliothèque GameStream


Et de pester sur le fait que GameStream n'est pas transparent sur le PC de gaming : si quelqu'un veut l'utiliser pour des tâches annexes, ce n'est pas possible.

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Comme sur Shield Tablet, NVIDIA a intégré à son Android TV un accès à ses fonctions de partage : d'une pression longue sur le bouton « Home » de la manette, on active les raccourcis en surimpression pour Twitch, l'enregistrement automatique ou manuel d'une partie, ou la fonction de capture d'écran. On retrouvera dans l'interface la possibilité d'activer ou non le chat et le micro.

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Deux jeux en GameStream : Bioshock Infinite, Alien Isolation et Cities Skyline


GeForce Now


Depuis plusieurs années, NVIDIA parle de son initiative de Cloud Gaming. Anciennement baptisée NVIDIA GRID, celle-ci devient GeForce Now (les joueurs Playstation n'y verront pas une possible similitude avec un service du nippon). Précédemment ouvert à tous et plus ou moins gratuit, GeForce GRID démarre sa carrière commerciale.

À la manière de Netflix ou d'Apple Music, GeForce Now se veut être un service de streaming de jeux vidéo. Les jeux s'exécutent dans un serveur NVIDIA et sont diffusés chez vous comme un flux vidéo. NVIDIA dispose pour l'instant d'une infrastructure modeste en Europe avec deux serveurs : l'un en Irlande l'autre en Allemagne, c'est d'ailleurs sur ce dernier que nous nous sommes systématiquement connecté.

Le service est bien sûr payant et après la période d'essai gratuite généreuse de trois mois, il vous en coûtera 9,99 euros TTC chaque mois. Le catalogue de base contient une cinquantaine de jeux plus ou moins emblématiques, mais pas toujours de première fraîcheur comme : Witcher 2, Lego Marvel Super Heroes, GRID Autosport, MotoGP 14, Batman : Arkham City, Batman : Arkham Asylum, Batman : Arkham Origins ou encore Saints Row : The Third et Dirt 3. Le service peut également accueillir des sorties récentes comme The Witcher 3 ou Resident Evil : Revelations 2. Sauf que pour ces titres, il faudra bourse délier et les acheter sur le magasin NVIDIA au même prix que sur Steam avec pour certains titres, une clé d'activation qui permet d'ajouter le jeu à son PC, pour d'autres non.

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Le catalogue GeForce Now


Évidemment qui dit Cloud Gaming, dit connexion Internet. Car ici, il faut minimiser les temps de latence pour que les jeux soient réactifs et avoir assez de bande passante pour acheminer un flux vidéo fluide en 720p ou 1080p. GeForce Now s'adresse donc plutôt à des utilisateurs avec une connexion Internet musclée.

Nous pensions que sur notre configuration de test avec une liaison Fibre Orange 100 Mbps, nous étions dans les conditions idéales. Ce ne fut pas le cas, mais nous conviendrons volontiers que notre connexion ne peut être représentative de l'ensemble des connexions de France et de Navarre. Nous avons d'abord cru que c'était dû à l'usage de CPL entre la box et la TV du salon. Nous avons donc basculé sur le Wi-Fi i802.11ac embarqué de la box en sachant que nous utilisions un point d'accès sans fil Netgear i802.11AC en lieu et place du Wi-Fi natif de la Livebox. Sans noter de progrès, nous avons donc rapproché la Shield Android TV de la Livebox pour la connecter en direct avec un bon vieux câble RJ45. Peine perdue : lors de nos tests en soirée le ping avec les serveurs de NVIDIA s'avère toujours horriblement élevé : de plus de 100 ms à parfois 500 ms, des frames se perdent et la gigue est anormalement élevée elle aussi.

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GeForce Now : inutilisable sur Orange... le soir


Et alors que tous les indicateurs sont au rouge sur GeForce Now, Speedtest nous indique au même moment et très tranquillement un ping de 2 ms, un débit descendant de 94 Mbps et un débit montant de 70 Mbps.

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Quand le Speedtest fait mal à GeForce Now


Le plus intéressant dans l'histoire, c'est qu'au petit matin, sur le coup des 7 heures, GeForce Now devient parfaitement utilisable, et le test réseau intégré nous remonte les valeurs suivantes (ici en filaire donc) :

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Au petit matin, GeForce Now passe au vert


Bref. Visiblement, quelque chose ne va pas dans le service GeForce Now et ce n'est peut-être pas tant NVIDIA qu'il faut blâmer, que l'opérateur, qui pourrait limiter le service en heure de pointe. Mais il est vrai que si NVIDIA n'a, semble-t-il, pas négocié d'accord de peering... Orange voit peut-être d'un mauvais œil cette bande passante consommée. Et comme si cela ne suffisait pas, il faut aussi faire, comme pour tout service de cloud, avec les éventuels downtimes du service côté NVIDIA, c'est à dire les périodes où les serveurs ne répondent simplement pas : sur cinq jours de test nous avons rencontré le problème à deux reprises. Le premier étant lié à une migration planifiée chez NVIDIA, le second peut être une conséquence de notre ping alors trop élevé en heure de pointe...

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Des serveurs aux abonnés absents


Qui plus est, tous les jeux ne sont pas égaux sur GeForce Now. Certains s'exécutent en 1080p 60 images/seconde, d'autres en 1080p 30 images/seconde. On peut le savoir en cliquant le bouton « En Savoir Plus » sur la fiche de chaque jeu. On pourra également forcer l'exécution d'un jeu en 720p pour palier d'éventuels problèmes de connexion.

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Des jeux à plusieurs vitesses sur GeForce Now


Et ce n'est pas la seule déconvenue : ainsi Witcher 3 ajouté à notre compte de test en tant que jeu vidéo acheté, s'exécute en anglais : on peut bien passer l'interface et les menus en français, mais les voix restent en anglais. Ce n'est d'ailleurs pas le seul titre en anglais, la quasi-totalité des jeux proposées s'exécutant dans cette langue (Trine 3, Homefront, etc). Il est possible à tout moment de suspendre une partie pour vaquer à d'autres occupations. Toutefois, le service garde votre session en suspens pendant 5 minutes, pas plus. Un jeu comme Witcher 3 révèle d'autres petits détails : NVIDIA exécute en effet le jeu avec des options graphiques réglées sur le minimum ! Ainsi HairWorks, dont NVIDIA nous parle pourtant souvent, est désactivé. Ces réglages peuvent être manuellement activés, mais à chaque redémarrage du jeu ils sont remis à zéro. La raison ? Les serveurs qui font tourner GeForce Now ne sont pas encore passés aux dernières architectures graphiques de la marque au caméléon et ont donc du mal avec certaines options avancées (pour l'heure il s'agit de puces Kepler).

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Un jeu NVIDIA qui s'exécute avec ses options au minimum sur GeForce Now


Arrêtons ici notre liste de griefs envers GeForce Now. Car évidemment, les jeux que nous avons essayés que ce soit Trine 3 ou Witcher 3 étaient difficilement jouables dans ces conditions avec beaucoup trop de lag pendant les périodes qui semblent correspondre aux horaires de pointe de notre opérateur Internet, à savoir Orange. Peut-être qu'avec un autre opérateur Internet, nos observations auraient été différentes... Notons toutefois que de bon matin, lorsque le ping est acceptable et tourne autour des 17ms, il est possible de jouer sans encombre aux titres du catalogue GeForce Now ce qui contraste donc furieusement avec l'expérience nocturne. On aura ainsi pu progresser dans Trine 3, mettre quelques raclées dans Batman: Arkham City mais également se frotter aux soldats nord-coréens dans Homefront. Et quand la connexion va... tout va ! Un jeu comme Homefront, FPS par nature, met d'ailleurs en lumière quelques phénomènes d'input lag : la visée est lente et si nous avons l'habitude des jeux console, ici viser avec les sticks de la manette Shield est un sacré exercice !

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Tentative de jeu avec Witcher 3
Modifié le 13/02/2018 à 17h39
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