// Test Sonos PLAY:3 : l'audio multi-pièces démocratisé ?
Publié par Aurélien Audy le Lundi 1er Août 2011
Sonos PLAY:3
En cet été 2011, Sonos a décidé de mettre un peu de soleil dans sa vitrine en opérant un relooking assez radical de son site : les couleurs blanche, grise et rouge emblématiques de la marque sont désormais remplacées par un noir jonché d'arabesques orangées.Mais ce qui nous intéresse ici, c'est le développement de la famille de produits, par le bas. Saluons l'arrivée des enceintes PLAY:3 (aucun rapport avec la console de Sony... hormis le nom...), qui incarnent donc la nouvelle offre d'entrée de gamme du fabricant, un cran en-dessous des Sonos S5 testées en novembre 2010, rebaptisées PLAY:5 pour l'occasion. Sonos entame-t-il vers une véritable démocratisation de l'audio multi-pièce sans fil ? La réponse dans ce test ! Notez à la volée le passage du masculin au féminin pour décrire l'objet du test : Sonos ayant abandonné l'appellation du Zone Player, nous reviendrons donc sur du bon français avec une enceinte.
Présentation
Si le packing adopte la nouvelle charte graphique de la marque, la marchandise reste elle fidèle à l'esprit de Sonos. Physiquement, la PLAY:3 est une PLAY:5 en plus petite : les côtes de l'engin passent de 365 x 217 x 123 mm (pour 4,2 kg) à 268 x 132 x 160 mm (pour 2,6 kg). Le design épuré est toujours de mise, l'enceinte conserve le même niveau de finition, qu'on qualifiera sans hésiter d'irréprochable. Et on retrouve bien sûr les trois et uniques commandes des enceintes Sonos : muet, volume plus et moins.Extérieurement, on notera quelques changements. Outre le nouveau logo Sonos, la PLAY:3 se voit dotée de bandes caoutchoutées grises sertissant l'avant et l'arrière de l'enceinte. Le but : absorber les vibrations et permettre une meilleure adhérence de l'enceinte, notamment lorsque celle-ci est positionnée à la verticale. Oui, les PLAY:3 sont étudiées pour être disposées debout, un bon point pour assurer une intégration facile dans des intérieurs étriqués.
Et elles pourront même être fixées au mur puisque qu'elles intègrent une monture à vis (filetage standard de 1/4'' - 20, comme en photo). Attention, Sonos ne fournit en revanche aucun dispositif de fixation…
Côté connexion, Sonos a mis sa PLAY:3 au pain sec et à l'eau, ce qu'on déplore évidemment… Les deux connectiques audio, l'entrée auxiliaire et la sortie casque ont tout bonnement disparu, et des deux ports Ethernet de la PLAY:5 il n'en reste ici qu'un ! Enfin, aucune mention n'est faite par Sonos d'une quelconque compatibilité AirPlay. Mais le fabricant nous a confirmé que lorsqu'une PLAY:3 était ajoutée dans un maillage de Zone Player rendus AirPlay moyennant une borne AirPort Express, elle pouvait alors diffuser du son en AirPlay. Dommage cependant qu'il n'y ait pas d'intégration native de l'AirPlay d'Apple !
Voici les caractéristiques de la bête rassemblées dans un tableau :
| Sonos PLAY:3 | |
| Caractéristiques physiques | |
| Nombre de voies : | 3 (un ampli numérique par voie) |
| Détails structure : | 2 medium de 3 pouces 1 tweeter + radiateur de basses |
| Dimensions (LxHxP) : |
268 x 132 x 160 mm |
| Poids : | 2,6 Kg |
| Connectique audio : | Non |
| Compatibilité | |
| Formats audio lus : | iTunes Plus, MP3, WMA, AAC, Ogg Vorbis, Audible, Apple Lossless, Flac, WAV et AIFF |
| Formats audio non lus : | Apple "Fairplay", AAC Enhanced et WMA Lossless |
| Services de musique : | Anubis.fm, Aupeo!, Deezer, iheartradio, Last.fm, MOG, Napster, Pandora, Rdio, Rhapsody, SiriusXM Internet Radio, Spotify, Stitcher SmartRadio, Tuneln, Wolfgang's Vault |
| OS (pour fichiers stockés) : | Windows XP SP2 et + Mac OS X v10.4 et + NAS compatibles CIFS |
| Formats de radios : | MP3 et WMA |
| Formats de pochettes : | JPEG, PNG, BMP et GIF |
| Formats de liste de lecture : | iTunes, Rhapsody, Winamp, Windows Media Player et MusicMatch (.m3u, .pls, .wpl) |
| Mode de lecture : | Fondu, aléatoire, répétition |
| Réseau | |
| Connectique : | 1 Ethernet 10/100 Mbit/s |
| Sans fil : | SonosNet 2.0, équivalent réseau sécurisé avec chiffrement AES |
L'architecture audio…
Sonos ne divulgue pas de caractéristiques détaillées sur son enceinte PLAY:3. Tout ce qu'on sait, c'est que l'appareil renferme les deux mêmes voies de mediums de 3 pouces de la PLAY:5 mais un seul tweeter et pas de voies de basses (contre deux tweeters et un transducteur de basses de 3,5 pouces sur la grande sœur). Du moins, pas de voie active… Parce que Sonos a tout de même intégré un radiateur de basses, c'est-à-dire une membrane passive qui va donner du coffre au bas du spectre musical en profitant simplement de l'air brassé à l'intérieur de l'enceinte. Cette membrane de forme ovale occupe une bonne partie de l'arrière de l'enceinte où elle est située, c'est-à-dire environ 11,5 cm x 7,5 cm.

La membrane du radiateur de basses se trouve à l'arrière de l'enceinte, derrière cette grille perforée
Sonos maintient sinon son système d'amplification numérique indépendante de classe D. La PLAY:3 dispose ainsi de 3 amplificateurs contre 5 sur la PLAY:5. Mais pas d'information sur la puissance délivrée…
… et le rendu !
Alors comment est-ce que la PLAY:3 sonne ? Plutôt bien compte tenu de sa taille. Les mediums ressortent avec une grande clarté et une neutralité appréciable, tandis que les aigus apportent un soutien précis sur les hautes fréquences. Côté basses, la PLAY:3 affiche une belle profondeur mais aussi une étonnante tenue même à haut volume notamment avec des morceaux difficiles comme la Ballade de Melody Nelson de Serge Gainsbourg, Kid A ou the Gloaming de Radiohead. Bon à fond ça dérape inévitablement : les basses saturent ou elles disparaissent masquées par les mediums. Et sur du grave vraiment très bas, le rendement chute nettement. On touche là aux limites d'une restitution passive… Mais sauf excès de puissance, la sonorité est très propre et équilibrée : on reconnait bien la patte Sonos. Au passage, les réglages des aigus et des basses sont toujours de la partie.Comparée à la PLAY:5 ? Sans surprise, le son est moins dense, notamment dans les graves mais aussi globalement moins puissant. Et l'autre différence majeure concerne la diffusion sonore, bien moins large qu'avec la PLAY:5 (que nous avions déjà trouvé un soupçon dirigiste…). La PLAY:3 contraint manifestement les ondes sonores qui apparaissent un peu trop à l'oreille comme sortant d'une boîte. Il n'y a qu'à bouger le curseur de balance de part et d'autre du centre pour se rendre compte que la stéréo s'avère très mono. Cette sensation s'estompe très légèrement avec l'enceinte à la verticale, mais quand même… Bref, la configuration optimum reste clairement la multiplication des PLAY:3 (deux ou plus par pièce étant l'idéal), cas de figure où le système Sonos prend tout son sens. Mais aussi une bonne partie de votre argent…
Et quid de l'ergonomie ?
Rien de bien nouveau ici, reportez-vous au test de la Sonos PLAY:5. Le passage en version 3.5 du système Sonos, aussi bien pour le Controller que les Zone Player, n'a rien changé ni à l'apparence (sauf l'icône de l'application et le bug d'encodage des polices) ni à l'ergonomie de l'interface. En quelques mots, l'installation est toujours aussi simple : il suffit de brancher un PLAY:3 en Ethernet à votre routeur (ou un Bridge, dont le prix est d'ailleurs tombé à 49 € au lieu de 99 €) et d'installer le logiciel fourni par Sonos, et tout le paramétrage se fait automatiquement. L'ajout d'autres PLAY:3 est encore plus enfantin : il n'y a qu'à sélectionner « ajouter un composant Sonos », presser les touches muet et volume + des PLAY:3 concernés, choisir un nom pour chaque enceinte, et la communication en Wi-Fi est alors établie. Chaque PLAY:3 servant à la fois d'émetteur et de récepteur, le maillage peut alors s'étendre facilement dans toute la maison.L'avantage de ces petits modules PLAY:3, c'est que vous pouvez facilement les déplacer, selon vos besoins. Lorsqu'on en débranche un pour le disposer ailleurs, l'appareil est à nouveau détecté en moins d'une minute. Si le PLAY:3 était en paire stéréo avec un autre appareil, il se couple à nouveau automatiquement. S'il était simplement groupé avec d'autres PLAY:3, il faudra juste le réassocier. La synchronisation est toujours aussi irréprochable. Et il est bien sûr aussi possible de jouer des musiques différentes sur chaque enceinte.
Streaming de votre musique, diffusion de milliers de radios Internet ou utilisation de plateformes de musique en ligne comme Deezer ou Spotify (abonnements Premium nécessaires), tout se pilote avec une aisance déroutante, depuis un « Controller ». Ce dernier peut être un iPhone/iPad/iPod Touch ou Androidphone avec l'application dédiée (gratuite), le Controller Sonos (bien mais cher : 349 €) ou le logiciel de l'ordinateur (Desktop Controller). On notera que ce dernier n'a malheureusement pas évolué : c'est dommage parce qu'en termes d'ergonomie, le logiciel est assez archaïque…
Conclusion
La marque Sonos va-t-elle s'immiscer dans toutes les chaumières grâce à sa nouvelle enceinte PLAY:3 ? Si le sex-appeal de la solution Californienne est bien toujours de la partie, 299 € pour une enceinte reste une somme conséquente, qui ne suscitera pas de raz-de-marée commercial. Surtout que la solution ne présente un réel intérêt que lorsqu'un maillage est effectué avec plusieurs enceintes, multipliant ainsi la facture par autant de points sonores à installer. Certes, des dispositifs multi-pièces moins onéreux, il n'y en a à priori qu'un : la Squeezebox Radio de Logitech (le Squeezebox Boom ayant été arrêté). Vendues moitié prix, la Squeezebox Radio est tout aussi compacte, dotée d'un écran et d'une entrée son jack. Mais la qualité audio est inférieure (même si pas mauvaise), l'appareil moins fiable. Au vu de leur niveau de prestation, on peut donc dire que les PLAY:3 se défendent bien. Pour ceux qui auraient déjà des Zone Player, rajouter une PLAY:3 constitue la solution la plus « économique » (tout est relatif chez Sonos…) pour étendre son réseau à une petite pièce supplémentaire (cuisine, salle de bain…) ou améliorer la diffusion acoustique dans une pièce déjà équipée. Là où on peut tiquer en revanche, c'est que pour 100 € de plus, le client Sonos (ou autre) aurait plutôt intérêt à opter pour un PLAY:5, nettement supérieur au PLAY:3. Cela, plus l'impasse sur la connectique, l'absence de prise en charge native d'AirPlay et la diffusion trop étriquée d'une PLAY:3 célibataire, nous pousse au final à nous contenter d'un verdict « assez bon ».Les plus
- Rapport taille enceinte/qualité sonore
- Simplicité installation et utilisation
- A la fois émetteur et récepteur
- Interface / disp. verticale
Les moins
- Prix encore trop élevé...
- Spatialisation sonore serrée / Pas d'AirPlay
- Pas d'entrée/sortie audio / 1 seul Ethernet
- N'a d'intérêt qu'avec au moins deux PLAY:3
Sonos PLAY:3
Diffusion audio multi-pièces
Assez bon
-
Qualité audio
-
Installation
-
Ergonomie
Article du Lundi 1er Août 2011 par Aurélien Audy
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