Avantages et contraintes des différents formats
Avant d'entrer dans le détail des principaux formats, il convient de dire un mot sur les sigles de type SP, LP et éventuellement HQ que l'on retrouve immanquablement au détour des menus des caméscopes.
Ces réglages ont pour fonction de modifier le mode d'enregistrement par défaut réglé sur SP (Standard Play) de façon soit à disposer d'un enregistrement plus qualitatif (HQ), soit d'enregistrer plus d'information sur une bande. Ainsi, dans le cas du LP (Long Play), la bande tourne au ralenti afin d'enregistrer 1,5 x plus de données qu'en SP (c'est-à-dire 90 minutes contre 60). Le mode LP s'accompagne d'une légère perte de qualité qui, si elle n'est pas forcément très apparente au premier abord (comme les différences entre un JPeg haute qualité et un Tiff en photo), se remarquera après plusieurs compressions. Toutefois, le principal souci avec ce réglage tient aux éventuelles difficultés de lecture des bandes sur un autre caméscope que celui d'origine ou sur un caméscope qui ne le prend pas en charge.
Le MPeg-2
Le MPeg-2 est le format des DVD. A titre indicatif, commençons en signalant qu'une cassette Mini-DV d'une heure contient 13 Go de données, un DVD d'une heure et demie n'occupera que 4,8 Go d'espace mémoire. Ces quelques chiffres suffisent à montrer qu'il s'agit d'un format très compressé. Ce format, adapté à la lecture, ne convient en revanche pas au montage qui requiert la possibilité de travailler image par image à partir de données non compressées.
Le MPeg-4
Comme le MPeg-2, le MPeg-4 est un format de compression vidéo. Sa différence réside essentiellement dans l'algorithme de compression vidéo beaucoup plus « efficace » que pour le Mpeg-2, mais aussi plus « destructeur ». Ce format est né du besoin de diffusion de médias sur internet, la bande passante n'étant pas extensible à l'infini, il fallait trouver un compromis « qualité / poids » facilitant les échanges et partages. C'est ainsi que le concept de « streaming » est apparu, permettant (en plus de l'espace réduit) de lire une vidéo (ou un son) sans qu'il soit nécessaire d'avoir à télécharger son contenu entier sur le disque dur, la lecture s'effectuant au fur et à mesure du téléchargement.
Un des effets « pervers » et/ou « providentiel » de ce format, et de permettre de stocker sur un CD Rom de 700 Mo l'équivalent d'un film d'1h30 en qualité « acceptable », ce qui a provoqué l'explosion des échanges sur les réseaux P2P de films aux formats Mpeg-4 dont la variante la plus connue est le format
DivX, mais ceci est une autre histoire…
Le DV
Le DV est aujourd'hui encore considéré comme un standard, malgré l'engouement pour les écrans plats haute définition qui mettent en évidence les limites de la résolution 720 x 540 en 4:3 en Pal qui est la sienne. Contrairement à une bonne partie des formats de type Mpeg-2 ou 4 qui ne sont gérés que par des applications propriétaires bien spécifiques, lui est reconnu par tous les logiciels.
Véritable référence, le DV présente toutefois un inconvénient de taille, à savoir son poids (une cassette Mini-DV d'une heure occupera 13 Go de mémoire une fois transférée sur l'ordinateur). Malgré l'augmentation de la capacité des disques, il reste conseillé de stocker les séquences sur des cassettes qui restent une référence pour ce qui est de la conservation.
Le HDV
Créé en 2003 par Canon, Sharp, Sony et JVC, le HDV est le premier format vidéo haute définition pour caméscopes grand public. Il s'enregistre sur cassettes DV et Mini-DV et se décline est différents formats : 720/60p, 720/30p, 720/50p, 720/25p, 1080/60i et 1080/50i. Le HDV fait appel à une compression de type MPeg-2 qui malgré une forte compression parvient à délivrer une image de très bonne qualité grâce à un codec de compression / décompression très performant qui agit en regroupant les pixels par blocs de huit.
L'AVCHD
Encore très récent puisque sa présentation date de mai 2006,
l'AVCHD a vu le jour suite aux efforts conjoints de Sony et Panasonic. Qu'est-ce que l'AVCHD ? Un label qui surfe sur la vague de la haute définition et vient concurrencer le HDV en permettant de capturer des signaux 1080i et 720p grâce à une compression très puissante (de type MPeg-4) dans la mesure où elle permet de stocker des séquences haute définition sur des supports de type Mini-DVD.
Ce format n'est pas l'apanage des caméscopes à DVD et à disque dur tels que les
Sony HDR-UX1 et HDR-SR1 sur lesquels il a été utilisé en premier lieu, puisqu'on le retrouve aujourd'hui également sur des modèles Mini-DV (tels que le
Canon HG10).
Les inconvénients sont encore relativement nombreux, et tiennent principalement aux points suivants :
- Le nombre limité d'applications capables de l'exploiter et permettre le montage des fichiers.
- Le problème de compatibilité avec les lecteurs DVD de salon, seuls les Blu-ray étant en mesure de les lire.
La question des ratios d'image 4:3 et 16:9
A l'heure actuelle, la plupart des caméscopes permettent d'enregistrer des séquences en 16:9, que ce soit de façon native ou suite à un « recadrage » dans les pixels disponibles. Vous saurez ce qu'il en est du caméscope auquel vous vous intéressez en regardant sa fiche technique.
A la question « Lequel choisir ? », il est délicat d'apporter une réponse. En effet, aucun n'est meilleur que l'autre, chacun correspondant à une façon de composer bien spécifique, le 4:3 invitant à inclure les images dans un format presque carré tandis que le 16:9 offre un champ plus large, presque panoramique. A titre indicatif, on peut retenir que le 16:9 est le grand public qui se rapproche le plus de celui du cinéma tandis que le 4:3 est celui des vidéos personnelles et institutionnelles. Peut-être moins « tendance » que le 16:9, le 4:3 est toutefois plus adapté à Internet. Il rend en effet mieux sur les sites qui diffusent les vidéos dans des fenêtres (ex. : You Tube) et sur lesquels il occupe la place d'une illustration.
Au-delà de l'aspect esthétique, il est important de rappeler que le 16:9 est le ratio dans lequel est exprimée la résolution de la HDV. En termes plus clair, il n'y a pas de haute définition en ratio 4:3 ! Par ailleurs, l'adéquation avec les téléviseurs 16:9 de plus en plus répandus peut être vu comme un élément indicateur du fait que ce ratio est appelé à s'imposer.
Quid du progressif et de l'entrelacé ?
L'évolution du matériel (adieu écrans cathodiques, bonjour écrans plats) et des normes d'affichage font qu'aujourd'hui deux types de vidéos cohabitent, celles de type entrelacé et celles de type progressif. Les premières sont signalées par un « i » (celui d' « interlaced », celles de type progressif par un « p » :
- Ex. : 1080i (pour une vidéo entrelacée) et 720p (pour une vidéo en progressif).
Dans le cas d'un enregistrement entrelacé, une seconde de vidéo requiert 50 demies images, l'affichage se faisant en deux temps : un premier passage permet d'afficher toutes les lignes impaires et un second toutes les lignes paires. Dans le cas d'enregistrements en progressif, une image est constituée de 25 images pleines qui se succèdent en l'espace d'une seconde.
Les vidéos entrelacées ont un rendu fluide tandis que celles de type progressif se caractérisent par un phénomène de légères saccades. Notez que ces deux rendus ont leurs défenseurs (il n'y en a pas un mieux que l'autre), et que chacun est particulièrement adapté à un type de périphérique d'affichage :
- Les écrans cathodiques - conçus pour un balayage 50 fois par seconde et pour travailler à partir de demies images (appelées trames) -, gèrent mieux les vidéos en entrelacé (qui se signalent par un effet de peigne lorsqu'on les regarde sur un écran plat).
- Les écrans LCD gèrent mieux le progressif.
Un effet de peigne se remarque sur les vidéos entrelacées visionnées sur un écran plat
Pour éviter le problème d'effet de peigne mentionné plus haut et qui survient lors de la lecture de vidéos entrelacées sur un écran plat d'ordinateur, il est possible (et recommandé) de désentrelacer la vidéo soit au moyen d'un logiciel de montage soit à la volée au moyen d'un logiciel de lecture de DVD.