Guide d'achat d'appareils photo : la sélection des vacances

Les compacts à gros zoom


Il y a dix ans, Panasonic sortait le TZ1 - TZ pour Travel Zoom, tout un programme - un compact avec un zoom 10X stabilité 35-350 mm. Une prouesse dont Panasonic a gardé le secret pendant longtemps. Des copies sérieuses ont fini par arriver, mais la série TZ a parallèlement continué de muscler son jeu. Aujourd'hui, l'étau s'est bien resserré, Sony a livré de beaux produits, Canon n'est pas en reste non plus.

L'intérêt de cette gamme d'appareils photo, c'est d'offrir à la fois la discrétion et l'agrément d'un boîtier compact tout en autorisant une polyvalence de cadrage impressionnante. Cela passe par le zoom, de fort rapport (10 à 40X), lumineux au grand-angle et stabilisé. Un panel de focales qui permet de tout photographier ! Voici les meilleurs appareils du moment, ceux qui feront un excellent compagnon de voyage.

Canon Powershot SX720 HS : le record de polyvalence en 40X !

Canon s'est toujours bien défendu sur ce segment de la photo, avec des appareils pas forcément des plus modernes sur le plan de la conception ou des fonctionnalités mais fiables et capables de produire de belles images. Ce SX720 HS tranche avec ses prédécesseurs en établissant un record technique impressionnant : il embarque un zoom 40X, couvrant la plage focale de 24 à 960 mm ! Le tout dans un boîtier qui ne fait pas plus de 3,5 cm d'épaisseur. L'objectif est stabilisé, il va sans dire. En revanche, avec une structure aussi complexe, on ne peut pas avoir une luminosité de folie : f3,3-6,9. La montée en sensibilité s'opère assez bien sur ce capteur CMOS de 20 mégapixels avec processeur Digic 6, puisqu'on peut grimper à 800 ISO sans trop perdre de détails, voire 1 600 ISO.

Canon Powershot SX720HS

Le boîtier bicolore plutôt élégant est bien fini et agréable à prendre en main. Les deux grips, de poignée en façade et de pouce au dos, permettent de stabiliser la tenue, tandis que les commandes sont judicieusement réparties. Vous apprécierez le sélecteur de modes, ferme et riche (priorités ouverture et vitesse, manuel, prise de vue créative, scène, live, etc.) ainsi que la roue codeuse qui encercle le pavé multidirectionnel. Ou encore la fonction de suivi des visages avec adaptation automatique du cadrage : il suffit d'appuyer sur la touche dédiée, et l'appareil zoome ou dézoome selon le cas de figure pour conserver un cadrage optimum autour du sujet ciblé. Pas mal du tout !

Le SX720 HS est un compact réactif, autant au niveau de son interface (toujours la même depuis des lustres !) que du système autofocus ou de la rafale qu'il tient à 5,9 im/s. Le compact profite d'un bel écran de 3 pouces (en 922 000 pixels), ainsi que des connectivités Wi-Fi et NFC. L'autonomie de 250 vues (CIPA) cependant n'est pas extraordinaire. Et en dehors du zoom phénoménal (ce qui n'est pas rien), Canon n'apporte guère de nouveautés par rapport au SX710 HS.

La vidéo en Full HD à 60 im/s est fluide et bien stabilisée (quoiqu'au zoom maximum, il vaut mieux être sur pied) mais le rendu d'image manque un peu de finesse, malgré l'encodage H.264 à 34,7 Mbps. Et pas de panoramique à la volée ici, dommage. Malgré cela, le SX720 HS (autour de 350 euros) demeure un allié de choix pour les vacances, et plus.



Panasonic TZ80 : toujours une référence

Panasonic fait évoluer son compact star tranquillement mais sûrement. Pour cette édition 2016, pas de changement d'optique ni de look. Mais le TZ80 hérite d'un capteur mieux défini (18 mégapixels), d'un autofocus élaboré dit DFD (pour Depth From Defocus, de la détection de contraste ciblée), d'une stabilisation sur cinq axes, d'un écran tactile (3 pouces, 1 040 000 pixels) , de la vidéo en UHD et des fonctions Photo 4K et Post Focus (avec une touche dédiée). Au final, c'est tout de même assez ambitieux.

Panasonic TZ80

Le zoom reste donc un bloc 30X (24-720 mm) aux ouvertures moyennes (F3,3-6,4) mais bien stabilisé, notamment en vidéo grâce à un système sur cinq axes mêlant optique et électronique. Côté image, il ne sera pas conseillé d'aller taquiner le plafond de sensibilité à 6 400 ISO, ni même la valeur d'en dessous. 1 600 ISO restera le palier à ne pas franchir, voire 800 ISO pour être plus tranquille sur les débouchés possibles de l'image. A moins bien sûr que vous ne photographiez en RAW.

Le TZ80, comme ses aînés, se distingue par sa réactivité. L'appareil est prompt à démarrer, l'interface est vive, l'autofocus, rapide et efficace, la rafale, musclée (40 im/s avec l'obturateur électronique). Fait notable sur cette catégorie d'appareils : le TZ80 dispose d'un viseur électronique (comme les TZ70 et TZ60), certes étriqué, mais toujours bien pratique. Panasonic confirme par ailleurs une fois de plus sa bonne réputation en matière de vidéo. Le compact filme en 4K à 30 im/s ou en Full HD à 60 im/s. La qualité est au rendez-vous, profitant de la stabilisation sur cinq axe mais aussi de l'autofocus fiable.

Le TZ80 intègre un chipset WI-Fi mais pas de GPS. Panasonic a enfin veillé à améliorer l'autonomie de son boîtier, qui atteint désormais les 320 vues (CIPA). L'appareil n'est pas donné, mais les 480 euros demandés sont bien mérités.



Sony HX80 : le plus sérieux challenger des Travel Zoom

S'il y a bien un constructeur qui doit agacer Panasonic dès qu'on évoque les compacts à zoom puissant, c'est son rival nippon, Sony. Et pour cause, la série HX a tout pour damer le pion à la TZ. Le dernier né de la marque, HX80, est redoutable. Copie conforme du HX90V, mais sans GPS ni roue crantée autour du barillet d'objectif, le HX80 utilise le même CMOS rétro-exposé de 18 mégapixels (sur 21 au total) avec processeur d'image Bionz X, coiffé d'un zoom 30X (24-720 mm) ouvrant à F3,5-6,4. Ce dernier dispose d'une stabilisation optique mais aussi hybride sur cinq axes.

Sony HX80

Comme sur le HX90V, le HX80 intègre un viseur électronique Oled rétractable (plus confortable que celui de Panasonic), un écran non tactile de 3 pouces (921 000 points) orientable à 180° et un flash pop-up. Voici qui explique les très faibles dimensions du boîtier. Attention, en matière de prise en main, on se tient pas loin de la limite du « trop petit ». Heureusement que Sony a implanté un grip en façade faisant office de poignée, sans quoi le HX80 aurait été une savonnette. Le HX80 dispose des connectivités Wi-Fi et NFC, et Sony assure une autonomie très confortable de 390 vues (normes CIPA).

Si le HX80 se comporte comme le HX90V - ce qui est fort probable -, alors on peut s'attendre à un APN réactif - quoique longuet à l'allumage -, avec un traitement d'image un peu poussif, limitant l'usage normal à 800 ISO. Et pas de RAW ici comme sur le TZ70 pour libérer de la marge de manoeuvre. En revanche, la formule optique de Sony, malgré une compacité impressionnante, se révèle relativement dénuée de défaut.

Enfin côté vidéo, Sony implémente là-aussi son mode Full HD ultra léchée en XAVCS avec un débit généreux de 50 Mbps (25 ou 50 im/s). Stabilisation et autofocus rendent la capture particulièrement réussie. Un quasi clone du HX90V que Sony facture un peu moins lourdement, puisqu'on le trouve à 370 euros (contre un peu plus de 400 euros).



Panasonic TZ100 : le compact expert en zoom 10X

Variante du TZ80 orienté expert, le TZ100 constitue la nouvelle prouesse de Panasonic. Pourquoi donc ? Parce qu'il combine un boîtier aussi compact que celui du TZ80 avec un zoom 10X (25-250 mm et f2,8-5,9) et un capteur CMOS de 1 pouce, 4 fois plus grand que les puces de 1/2,3 pouce généralement utilisées. Panasonic vient donc directement se frotter au RX100 de Sony, limité à un zoom 24-70 mm - certes beaucoup plus lumineux - dans le même gabarit.

Panasonic TZ100

Le capteur de 13,2 x 8,8 mm abrite 20 mégapixels, capable de monter nativement à 12 800 ISO et même 25 600 ISO en étendu. Dans la pratique, il vaudra mieux se restreindre à 3 200 ISO, ce qui est déjà largement mieux qu'avec les autres compacts à zoom puissant et permettra de compenser la luminosité standard de l'optique. Surtout qu'en passant par du RAW et un logiciel de retouche comme Lightroom ou DxO, on parvient à obtenir des résultats de haute volée.

Le TZ100 dispose d'un écran tactile de 3 pouces et 1 040 000 pixels, complété par un viseur électronique LCD comptabilisant 1 166 000 points. L'ergonomie profite également d'une bague crantée autour de l'objectif (zoom ou ouverture), d'une molette de réglages et de quatre touches Fn personnalisables. Côté look, Panasonic s'est inspiré du côté épuré des RX100 de Sony : c'est dommage, on aurait préféré retrouver le grip de poignée du TZ80 plutôt.

Là-aussi, l'appareil s'appuie sur un autofocus DFD (Depth From Defocus) performant et rapide (à l'image de l'ensemble du compact) et sur une stabilisation hybride sur cinq axes. Rafale à 10 im/s (50 im/s avec obturateur électronique) et modes 4K Panasonic (Photo 4K, Post Focus, vidéo UHD) sont eux aussi de la fête. Quant au Wi-Fi, les constructeurs semblent ne plus pouvoir faire sans désormais. Le seul réel bémol du TZ100, c'est l'autonomie qui ne dépasse pas les 300 vues (CIPA). Et aussi son prix, qui, lui, approche les 700 euros ! Mais il s'agit sans aucun doute du meilleur compact à zoom puissant du marché.



Modifié le 19/09/2016 à 16h12
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