Guide d'achat d'appareils photo : la sélection des vacances

Les appareils photo étanches


Le moins que l'on puisse dire, c'est que la gamme des appareils photo étanches ne se renouvelle pas à une cadence effrénée. Depuis notre comparatif en mer de 2015, Fujifilm est passé du XP80 au XP90, sans grand chamboulement, et Olympus a sorti le TG-870, timide remplaçant du TG-860. Le reste de l'offre demeure, comme fossilisé. D'autant que certains appareils en 2015 étaient déjà les mêmes qu'en 2014 !

Il faut dire que c'est une catégorie d'appareils très spécifique, dont on aura un usage très ponctuel, souvent limité aux vacances à la plage. Il est vrai que si on reste à l'air libre 99 % du temps, on trouvera mieux comme appareil. Plus polyvalent, peut-être moins cher.

Et pourtant, on oublie qu'en plus d'être étanches, ces compacts sont aussi robustes : chutes, poussières ou froid ne leur font pas peur (dans la limite du raisonnable). Voici quelques références qui valent le détour.

Fujifilm XP-90 : le premier prix

Ce Fujifilm XP-90 fait partie des rares « nouvelles recrues » dans cette gamme d'appareils étanches. Et encore, quand on dit nouveau, c'est vraiment pour la forme : seul l'écran a changé depuis le XP-80 ! Aussi, nous avons hésité à l'intégrer dans ce guide, puisque le XP-90 est en retrait sur la concurrence. Néanmoins, il a l'avantage d'être vendu au tarif vraiment différenciant de 210 euros environ.

XP-90

Le XP-90 s'appuie toujours sur un capteur CMOS rétro-exposé de 16,4 mégapixels et un zoom 5X, 28-140 mm (f:3,9-4,9), avec stabilisation mécanique. La prise en main du poids plume est toujours aussi bonne, et on ne crache pas sur un meilleur écran (3 pouces et 920 000 pixels). Toutefois, la qualité d'image, notamment sous l'eau, est en retrait par rapport aux autres compacts étanches. Capteur qui tend à bruiter, zoom quelconque et système autofocus perfectible, ne servent pas très bien l'appareil. L'autonomie de 210 vues (CIPA) est également critiquable.

Maintenant, hors de l'eau le candidat se rattrape. Le XP-90 pourra donc faire un bon compagnon des aventures en extérieur, mais pas forcément sous-marines. Il résiste à des chutes de 1,8 m. Les fonctions timelapse, intervallomètre, HDR, panoramique à la volée ou encore action camera redorent le blason du compact.

Le XP-90 filme en 1080p à 60 im/s et il dispose de Wi-Fi. Ce n'est assurément pas le meilleur, mais c'est bel et bien le plus abordable.



Olympus TG-870 : le baroudeur à écran orientable

Autre modèle récent du marché des baroudeurs, l'Olympus TG-870 ne manque pas de caractère. Le compact repose sur un capteur CMOS rétro-exposé de 16 mégapixels - géré par le dernier processeur d'image TruePic VII - et un zoom 5X 21-105 mm, très grand-angulaire, donc adapté aux conditions sous-marines. Rappelons que sous l'eau, il faut multiplier la focale réelle par 1,33 (indice de réfraction de l'eau). L'objectif n'est pas très lumineux (f:3,5-5.7) mais stabilisé de manière optique.

TG-870

Vous pourrez compenser cela en montant en sensibilité mais pas jusqu'aux 6 400 ISO de plafond (et encore moins 12 800 ISO de boost). Le TG-870 sort encore de belles images à 400 voire 800 ISO, c'est déjà pas si mal. Au-delà, il faudra se limiter à du format restreint (web ou petit tirage).

Le compact d'Olympus se caractérise par son écran orientable à 180° (idéal pour les selfies) de 3 pouces et 921 000 pixels, son déclencheur en façade et ses bonnes aptitudes en macro (1 cm). Résistant à des immersions de 15 m et des chutes de 2,1 m, le TG-870 intègre par ailleurs Wi-Fi et GPS. Olympus annonce 300 vues d'autonomie (norme CIPA).

Le boîtier filme en 1080p à 60 im/s et profite alors de la stabilisation maison sur cinq axes, particulièrement efficace. L'APN se montre réactif et plutôt agréable à utiliser même si, attention, les touches petites et fermes font mal aux doigts. A un peu mois de 300 euros, c'est une bonne option pour l'été ! Mais si vous souhaitez principalement faire de la photo aquatique, il vaudra mieux lui préférer son grand-frère, le TG-4.



Panasonic FT5 : l'appareil correct sous tout rapport

Panasonic ayant décidé de ne pas sortir le FT6 en France, il faut faire avec le persévérant FT5, sorti en 2013 ! Heureusement, le compact était alors en avance sur son temps. Vidéo en 1080p à 50 im/s, Wi-Fi, GPS, NFC, panoramique à la volée, HDR ou encore photo 3D étaient déjà de la partie. Il a donc plutôt bien vieilli.

Pana FT5

Le FT5 utilise un capteur CMOS rétro-exposé de 16 mégapixels (18 effectifs) couplé à une optique 4,6X couvrant la plage de focales 28-128 mm. Le zoom est dans la moyenne niveau luminosité (f:3,3-5,9), et il profite de la bonne stabilisation optique qui a fait la réputation de Panasonic.

En matière de qualité d'image, le FT5 se comporte très bien jusqu'à 400 et même 800 ISO. Il restitue globalement une jolie finesse de détails... mais sous l'eau, les résultats sont assez ternes. Un peu de post-traitement sera à envisager. Panasonic se rattrape avec une optique assez homogène.

Le FT5 n'est étanche « qu'à 13 m » (les appareils récents font mieux), en revanche, son écran offre une très bonne visibilité sous l'eau. Et l'ergonomie se révèle alors plaisante, même si Panasonic a éparpillé trop de boutons à notre goût. Autre force du compact : il est rapide et son autofocus se montre efficace. On appréciera sous l'eau de ne pas avoir besoin de régler un mode macro pour photographier de près : le FT5 s'adapte tout seul, jusqu'à 5 cm.

On apprécie également les 370 vues d'autonomie (CIPA). Bref, le FT5 n'est plus tout jeune, pas très étanche, mais c'est encore un des appareils les plus équilibrés.



Nikon AW130 : 30 m, le record d'étanchéité

A plusieurs égards, le AW130 est un peu l'antithèse du FT5 de Panasonic. C'est le plus étanche - jusqu'à 30 m - et il délivre des images prêtes à l'emploi, flatteuses, mais peu précises si on les scrute de près. Et son écran, de bonne facture à l'air libre (Oled 3 pouces avec 921 000 pixels), devient très difficile à voir sous l'eau. Le boîtier de Nikon, enfin, est de deux ans le cadet de celui de Panasonic.

Nikon AW130

Côté technique, l'AW130 intègre un capteur CMOS rétro-exposé de 16 mégapixels avec un zoom 5X couvrant une plage de 24 à 120 mm, profitant d'une stabilisation optique. L'objectif est plutôt lumineux (f2,8-4,9) mais il manque de piqué sur les bords au grand-angle, la focale qu'on utilise le plus sous l'eau. Le capteur s'en tire honorablement jusqu'à 400 ISO, cependant, à partir de 800 ISO, les choses se gâtent.

Il n'empêche que sous l'eau par beau temps, et à des profondeurs raisonnables, le compact délivre de belles images prêtes à être partagées : exposition juste, colorimétrie aguicheuse et mise au point efficace.

Si on exclut la faible visibilité de l'écran, l'ergonomie en milieu subaquatique se révèle efficace. L'interface simplifiée combinée au mode « Contrôle actif » qui réagit aux tapes sur le boîtier, le profondimètre, l'altimètre, le GPS ou encore la boussole, sont autant de raffinements à propos sur un compact pour baroudeurs.

L'AW130 est un appareil photo réactif et riche en fonctionnalités : Wi-Fi, NFC, modes timelapse, panoramique à la volée, HDR, etc. Il n'y a que sur la vidéo que Nikon est resté timide. La Full HD est limitée à des débits d'image de 25 im/s et d'encodage de Mbps : la stabilisation sauve l'AW130 mais l'image aurait pu être plus belle. Enfin, l'autonomie de 370 vues (CIPA) place le compact Nikon dans une zone plutôt confortable.



Olympus TG-4 : le meilleur compact étanche

Chaque gamme d'appareil photo est plus ou moins dominée par un constructeur, pionnier, ou simplement plus concerné que les autres. Du côté des compacts renforcés, c'est Olympus qui mène la danse. Et son TG-4 se démarque nettement de la concurrence, sur des points essentiels. Le capteur CMOS BSI de 16 mégapixels a des airs de déjà-vu, mais ici on peut shooter au format brut RAW. Et une fois post-traitées, les images profitent d'une finesse et d'un rendu de très bonne qualité, ce, jusqu'à 1 600 voire 3 200 ISO.

Olympus TG4

L'optique 4X 25-100 mm est plus courte que d'autres, mais au grand-angle, elle ouvre à f:2,0. Et ça, ça fait une sacré différence ! Dommage qu'il n'y ait pas de stabilisation optique (uniquement un dispositif mécanique qui s'en sort pas si mal). Et le TG-4 se montre par ailleurs des plus réactifs et rapides.

Olympus a également soigné son ergonomie. Le compact dispose d'un écran de 3 pouces parfaitement visible, de touches bien disposées, facile à actionner sous l'eau, d'une molette d'accès direct aux modes de prise de vue ultra pratique, du « Tap control » (contrôle par impulsions sur le boîtier), et d'un manomètre indiquant pression, altitude et profondeur. GPS et boussole électronique figurent aussi sur la liste.

Ce TG-4 se révèle être un as de la macrophotographie, voire de la microscopie, en particulier lorsqu'on lui greffe l'anneau de flash macro optionnel. Et il fait globalement le plein de fonctionnalités : HDR, panoramique à la volée, filtres artistiques, composition en live, timelapse, bracketing, etc. Le TG-4 dispose de Wi-Fi et son autonomie (norme CIPA) atteint les 380 vues. En vidéo, le compact produit une belle image, mais à 30 im/s seulement (en Full HD). Le must, qui se paye encore autour des 350 euros.



Modifié le 18/07/2016 à 16h01
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