// Reflex : le Nikon D80 et le Pentax K10D face à face
Publié par Anne le Lundi 15 Janvier 2007
Sommaire
Enregistrement en Raw et retouche directe
On en entend beaucoup parler sans pour autant toujours savoir en qui il consiste précisément, alors posons la question maintenant : qu'est-ce que le Raw ?Un fichier Raw est un fichier numérique peu compressé qui contient les informations brutes enregistrées par le capteur de l'appareil photo. Ce fichier est en quelque sorte « en attente de développement » dans la mesure ou il n'a subi aucun des traitements de linéarisation, dématriçage, contraste, luminosité ou saturation, nécessaires pour produire une image lisible. C'est le format le plus utilisé par les photographes, car il leur donne une entière maîtrise sur leurs images en leur permettant d'effectuer ces traitements par eux-mêmes (un peu comme en argentique lorsque l'on développe soi-même depuis ses négatifs). Chaque type de Raw (CRW pour Canon, NEF pour Nikon, etc.) nécessite un logiciel spécifique pour être visionné et édité. À part le DNG proposé par Adobe qui est un format de Raw ouvert et disponible, aucun standard n'existe en la matière. Le Jpeg est lui un format compressé pour lequel c'est l'appareil (et non le photographe) qui détermine le point blanc, l'espace couleur etc. de l'image. Le fichier ainsi produit est directement lisible (qui ne peut afficher du Jpeg ?), il est également moins volumineux, mais cela au prix d'un traitement qui entraîne une perte définitive d'informations (le Jpeg est codé sur 8 bits, le Raw sur 12 ou 14). Qu'en est-il des choix faits par Nikon et Pentax sur ce sujet ?
Du côté du Raw
Sur le D80, les Raw sont au format maison, le NEF (Nikon Electronic Format). La sélection du format (Jpeg, Raw) se fait en passant par les menus, une fonction d'enregistrement simultané de Raw et Jpeg étant proposé, le Raw venant en association d'un Jpeg qualité fine, normal ou basic.Les NEF étant des fichiers propriétaires, posons-nous la question de leur lecture et de leur édition. Nikon fournit avec son D80 un CD-Rom contenant la visionneuse PictureProject 1.7 et Capture NX (le logiciel d'édition des Raw) en version d'essai gratuite entièrement fonctionnelle de 30 jours. Passée cette période, il vous en coûtera environ 150 euros pour acquérir la licence de ce logiciel complet, mais qui souffre toutefois de quelques restrictions (pas d'outil tampon, ni de possibilité de commander l'appareil par exemple). Vous pouvez également faire le choix de vous tourner vers des applications spécialisées dans le traitement des Raw, la plupart ayant déjà proposé un plug-in pour les NEF du D80 (voir : Bibble, Camera Raw ou encore Aperture).
Sur le K10D, la sélection du Raw se fait soit par le biais des menus soit directement depuis le boîtier. Est-ce que l'on dispose des mêmes options dans les deux cas ? Pas vraiment, la commande externe demandant à être paramétrée et n'accueillant qu'un type de réglage (Raw ou Raw+, PEF ou DNG), sachant que par défaut ce réglage Raw n'est actif que le temps d'une unique prise de vue.
Lorsque l'on passe par les menus, au contraire, on a le choix entre deux modes d'enregistrement et deux types de fichiers Raw : Raw et Raw+ (comprendre enregistrement simultané de Raw et Jpeg) d'une part, PEF et DNG de l'autre.
Le K10D dispose à ce propos d'une fonction très intéressante qui permet de développer sommairement les fichiers Raw (qui sont des fichiers bruts contenant des informations non interprétées) directement depuis l'appareil, et donc sans passer par l'étape logicielle parfois longue et fastidieuse. Cette étape, même si elle ne donne accès qu'à des réglages basiques, permet d'améliorer une image et de disposer rapidement d'un cliché prêt à l'emploi. Augmenter ainsi la valeur « Iso » vous sera ainsi utile pour éclaircir ou obscurcir l'image, sachant que cette manipulation n'entraînera aucune apparition de bruit numérique (ces pixels colorés qui envahissent l'image aux hautes sensibilités) et cela même dans le cas de figure où vous pousseriez ce curseur à son maximum.
Tout en prenant garde à ne pas s'étendre trop longuement sur le sujet, on signalera deux-trois petits points qui montrent l'importance et l'intérêt des choix faits par Pentax sur ce chapitre du Raw. Le premier est lié au choix du DNG, type de Raw non propriétaire initié par Adobe et dont les sources sont accessibles. Pour l'utilisateur, ce choix se révèle précieux pour plusieurs raisons :
- Les DNG produits par le K10D peuvent être ouverts et édités dès à présent sur les principaux logiciels de retouche d'image, et ce sans attendre les traditionnelles mises à jour des applications spécialisées (Lightroom, Camera Raw, Aperture...).
- Les DNG ne courent pas le même risque que les Raw propriétaires, qui proposés à un moment T sur des OS bien spécifiques, peuvent ensuite être délaissés au moment du passage à un autre OS, et devenir ainsi difficilement (voire plus du tout) éditables.
- En l'absence d'un autre logiciel, les Raw du K10D peuvent être lus au moyen du logiciel Pentax Laboratory fourni avec l'appareil, logiciel « basique » (qui se cantonne au développement des Raw), mais proposé en version complète non limitée dans le temps.
En mode lecture
Dans un premier temps, signalons la rapidité avec laquelle les images peuvent être passées en revue, tout simplement déconcertante. On notera ensuite la possibilité de d'afficher l'histogramme de l'image ainsi que ceux pour chacune des couches couleur, et également de faire apparaître, au moyen d'un clignotement rouge ou jaune, les zones sur-exposées ou sous-exposées de l'image.L'histogramme et l'aperçu numérique vous indiqueront la répartition des zones sombres et lumineuses dans l'image
Quelles options propose le K10D en plus de celles déjà évoquées lors du chapitre sur le Raw ? Il met à disposition de l'utilisateur plusieurs types de « filtres numériques » destinés à modifier le rendu ou la couleur, chacun de ces filtres pouvant être modéré ou renforcé au moyen de la molette avant. Ainsi le filtre noir et blanc est décliné en autant de versions qu'il y a de couches couleur.
Plusieurs filtres permettent de retoucher ou modifier les images depuis l'appareil. Ici le rendu du filtre noir et blanc dans les différentes déclinaisons (Du haut vers le bas et de la gauche vers la droite : BW, R, G et B)
Le D80 propose également, en mode lecture, des filtres pour la conversion directe d'images depuis le boîtier (noir et blanc, sépia et couleurs froides pour ce qui est des filtres monochromes). La procédure est néanmoins différente puisque aucun ajustement n'est possible (il s'agit d'une simple conversion en noir et blanc).
En mode lecture, la conversion d'images en noir et blanc se fait de façon moins fine que sur le K10D
Pour disposer de plus de contrôle, il faut tenter l'aventure du noir et blanc directement en mode prise de vue. Les réglages sont alors plus fins puisqu'il est possible d'agir sur la netteté, le contraste et les couches de couleur. Mais un autre inconvénient se présente, le fait qu'il faille effectuer ses réglages un peu au petit bonheur la chance, et procéder par essais et corrections successifs jusqu'à obtenir le bon rendu. A nouveau donc, le système de visualisation du K10D que l'on a pu apprécier entre autres au niveau du réglage de la Balance des blancs, se révèle plus confortable et plus convaincant.
Sur le D80 comme sur tous les appareils Nikon, du compact au reflex en passant par le bridge, on trouve la fonction D-Lighting réputée pour déboucher les ombres. Elle est ici déclinée sur trois positions : normale, élevée et moyenne. Elle peut être précieuse dans les cas de figure où l'image enregistrée est vraiment très sombre (comme dans notre exemple d'une photo prise à main levée à la tombée de la nuit, qui bénéficie d'une correction élevée), tout en sachant que cet éclaircissement fera apparaitre le bruit inhérent à l'image.
La fonction D-Lighting, que vous trouvez également sur Capture NX, permet de corriger les images sous-exposées
Du mode lecture du D80, on retiendra plus généralement la disponibilité d'une fonction diaporama qui peut être enrichie au moyen d'une musique de fond, sachant que les effets (panoramique, zoom et transitions), varient en fonction du morceau sélectionné. Comme sur le K10D, les hautes lumières, dans lesquelles les détails sont perdus, sont indiquées par un clignotement. Quant aux informations relatives à la prise de vue, on les fait apparaitre au moyen de la molette avant.
En mode lecture, utilisez la molette avant pour accéder aux informations relatives à la prise de vue






























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