Internet Explorer 7, Firefox 2, Opera 9: le match

Du côté du Mac et de Linux


Si Internet Explorer domine le monde des navigateurs sur Windows, la situation est complètement différente sur Mac OS X : Microsoft a abandonné le développement de son navigateur depuis longtemps. Internet Explorer est toujours disponible sur les supports d'installation mais le moteur est basé sur des spécifications tellement obsolètes que la plupart des sites « modernes » sont inutilisables.

Opera et Firefox sont disponibles sur la plateforme, dans des versions quasi identiques aux versions Windows. Ils en conservent donc toutes les qualités, mais aussi les défauts, notamment une ergonomie « passe partout » pas forcément adaptée aux habitudes des utilisateurs de Mac, et quelques lourdeurs. Firefox est ainsi souvent pointé du doigt pour sa lenteur sur Mac OS X. Il nous a cependant semblé que Firefox 2.0 améliorait sensiblement les choses. Néanmoins, ces poids lourds sont loin d'être les seuls navigateurs web pour Mac OS X, la plateforme disposant également de logiciels « natifs »

Safari : le navigateur maison d'Apple


Le paysage des navigateurs pour Mac OS X a été considérablement modifié par la sortie du logiciel maison d'Apple, Safari. Sorti en 2003 et inclus dans Mac OS X Panther, Safari est basé sur un moteur dérivé de KHTML, le moteur de rendu de l'environnement KDE, utilisé dans le navigateur Konqueror. Ce dernier est réputé pour sa rapidité, dont Apple a longtemps fait un cheval de bataille dans la promotion du logiciel. Malheureusement, le choix d'Apple, s'il est parfait en matière de performances et de respect des standards du web (Safari passe également l'Acid Test 2 sans problème) pose parfois problème au niveau de la compatibilité des sites. Comme pour Opera, il souffre de la concurrence du moteur Gecko de Mozilla qui, avec plus de 10% de part de marché, représente une priorité plus grande pour les développeurs de sites plus soucieux de leur marché potentiel que du strict respect des recommandations du W3C.

Safari


L'interface de Safari est épurée, voire audacieuse : les boutons sont réduits au strict minimum nécessaire et le bouton de page d'accueil est ainsi absent de la configuration par défaut ! On trouve en revanche un bouton d'ajout aux signets, et il est intéressant de constater que cette approche a été reprise en partie par Microsoft pour IE7 : le bouton de page d'accueil est relégué au second plan alors que l'ajout aux favoris est à gauche de la fenêtre, juste en dessous des boutons de navigation. Un champ de recherche est présent mais limité à Google. La gestion des signets est assez étrange, en revanche : cliquer sur le bouton des marque pages n'ouvre pas un panneau latéral comme on pourrait le prévoir mais une page entière, ce qui s'avère plutôt gênant pour les utilisateurs habitués à avoir les signets ET la fenêtre de navigation visibles en permanence. Le logiciel gère les onglets de la manière la plus naturelle possible mais la dernière version commençant à accuser son âge, on ne dispose pas des subtilités offertes par Opera 9 ou Firefox 2, comme la récupération des onglets fermés. La version 2,0 a introduit la possibilité de visualiser les flux RSS d'un site sur une seule page, fonctionnalité reprise depuis par IE7 et Firefox 2. Dans la mesure du possible, il permet même d'ajuster la longueur des articles. Bref, un navigateur complet, rapide et efficace mais qui souffre peut être de sa trop grande dépendance à Mac OS X : les mises à jour majeures du logiciel ne sont disponibles qu'avec une nouvelle version du système d'exploitation.

Safari : Flux RSS


Mentionnons enfin le projet Swift, dont l'objet est de créer un navigateur utilisant le moteur de Safari pour Windows. Malheureusement, l'état du projet semble assez flou à l'heure actuelle, et la version disponible est à ses balbutiements. Vous pouvez néanmoins le télécharger sur notre logithèque.



Camino : quand Mozilla rencontre Mac OS X


Bien avant la sortie de Firefox, un projet de navigateur léger et simple d'utilisation, basé sur Mozilla, a vu le jour sur Mac OS X, connu à l'époque sous le nom de Chimera. Rebaptisé Camino, le navigateur a connu une longue gestation, et on aurait pu croire que le portage de Firefox sur Mac OS X le tuerait dans l'oeuf. Pourtant, Camino 1.0 a finalement vu le jour début 2005 et propose aujourd'hui un navigateur intéressant sous plusieurs aspects.

Contrairement à Firefox qui est un logiciel multiplateformes ne tenant pas vraiment compte des spécificités de chaque système, Camino a été pensé et conçu pour Mac OS X. Réalisé en Cocoa, il bénéficie d'une intégration nettement meilleure avec le système, d'une plus grande rapidité de lancement, et surtout, de l'intégration des technologies de Mac OS X telles que Spotlight ou le trousseau de mots de passe commun à de nombreuses applications : des identifiants créés avec Safari pourront ainsi être utilisés lors de la visite du même site avec Camino.



En revanche, s'il mise sur une interface simple et efficace, et propose plusieurs fonctionnalités essentielles telles que le blocage des pop-ups ou la navigation par onglets, Camino est incompatible avec les extensions disponibles pour Firefox, et fait l'impasse sur certaines technologies comme les flux RSS. Impossible, donc, de créer des marque-pages dynamiques ou de visualiser les flux dans le navigateur. La prochaine version devrait introduire la possibilité de s'abonner au flux dans un lecteur externe. Reste que Camino offre un très bon compromis entre la simplicité de Safari et la compatibilité plus large du moteur Gecko. Espérons que ce navigateur très prometteur va continuer d'évoluer !


Les autres : Shiira, Omniweb


Shiira, un navigateur d'origine japonaise, a pour ambition de surpasser Safari tout en se basant sur le même moteur. A première vue, il n'offre pas de différences fondamentales mais il propose, notamment dans sa version 2.0 actuellement en beta, quelques plus sympathiques. La gestion des onglets est ainsi assez agréable avec une fonctionnalité proche des quicktabs d'Internet Explorer 7 et la possibilité d'afficher en permanence les onglets sous forme de vignettes en bas de la fenêtre. On trouve également une palette flottante et transparente pour les signets, ce qui règle le problème de Safari qui impose un choix entre les marque pages et la fenêtre de navigation.



Le cas d'Omniweb est plus délicat, le navigateur d'Omnigroup appartenant à une race en voie d'extinction : les navigateurs payants. Ainsi, le logiciel a beau offrir quelques fonctionnalités intéressantes comme la visualisation des onglets sous forme de vignettes, la possibilité de sauvegarder différentes sessions ou de gérer les préférences d'affichage pour chaque site, il n'offre pas grand chose justifiant les 30 euros nécessaires, notamment par rapport à un Opera devenu gratuit. Il reste néanmoins un navigateur de bonne facture.

Et Linux ?


Le système d'exploitation libre est le cadre d'une rivalité traditionnelle entre les environnements KDE et Gnome. Chaque environnement propose son navigateur : KDE met en avant son fameux Konqueror, dont le moteur a servi de base à Safari sur Mac OS X, alors que Gnome propose Galeon et Epiphany, deux navigateurs utilisant le moteur de Mozilla. Konqueror, comme Internet Explorer, mélange les genres en étant à la fois un gestionnaire de fichiers et un navigateur. Konqueror et les navigateurs Gnome sont complets au niveau de leurs fonctionnalités et ont toujours leurs adeptes même si de plus en plus de distributions mettent plutôt Firefox, la « star » des logiciels libres, en avant. Néanmoins, Konqueror est toujours très vivace et on peut se demander pourquoi si peu d'autres navigateurs (on pense notamment à des logiciels sous Windows), utilisent son moteur très performant, passant également l'Acid2 Test avec succès. Opera et Flock sont également disponibles pour le système d'exploitation.
Modifié le 28/06/2012 à 09h52
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