Spore (c) Maxis / Electronic Arts
Jeu événement au concept pour ainsi dire insaisissable,
Spore faisait figure d'OVNI au milieu de toutes les productions formatées, de toutes les suites qui s'accumulaient sur les divers stands du salon. Mis au point depuis plusieurs années par Will Wright le génial créateur de
SimCity et des
Sims, ce jeu devrait être édité au cours du second trimestre 2007 par Electronic Arts sur PC. Les rumeurs parlent toutefois d'une possible adaptation sur
Playstation 3 et
Xbox 360. Après les diverses annonces qui ont émaillé l'année, l'E3 2006 aura été pour beaucoup le premier véritable contact avec ce titre incroyablement ambitieux.
Résumer le fonctionnement de
Spore n'est effectivement pas chose aisée. Disons donc qu'une partie se découpe en six phases bien distinctes auxquelles correspond un style de gameplay radicalement différent. Chacune de ces phases tend à reprendre l'évolution de notre organisme vivant de son stade le plus élémentaire (organisme microscopique) à son stade le plus perfectionné (la conquête spatiale). Au cours de la présentation qu'il en a faite, Will Wright n'a pas pris la peine de détailler chacune de ces phases et les choses ont débuté par la seconde, l'étape « créature ». Le joueur se voit alors confier un éditeur qui lui permet de créer son espèce vivante à partir d'un drôle de patatoïde plutôt informe. Il suffit alors de choisir les différentes pièces ou parties du corps que l'on veut ajouter pour aboutir à une bestiole dotée de trois paires de bras, de deux bouches ou à n'importe quoi d'autre... les possibilités sont tout simplement énormes puisqu'il est question de plus de 400 éléments différents à utiliser.
Simple d'accès, cette partie du jeu devrait déjà amuser de nombreux joueurs, mais il faut tenter de faire survivre notre créature dans un monde qui ne lui est pas favorable. On la contrôle alors simplement en usant du couple clavier / souris et il est amusant de la voir se dandiner dans le monde ou de la faire sauter, mais il faut penser à la maintenir en vie et pour cela, le meilleur moyen est encore de la nourrir. On gagne alors petit à petit des points d'ADN qui permettent de générer une véritable descendance à sa créature originelle et surtout de débloquer de nouveaux éléments dans l'éditeur de bébêtes.... le but étant ici d'améliorer un peu sa créature avant la prochaine étape du jeu. Après quelque temps, il devient effectivement possible de contrôler non plus une, mais tout un groupe de nos créatures qui vont apprendre à communiquer et à travailler de concert, nous faisant alors atteindre le stade tribal où le gameplay ressemble beaucoup plus... je vous le donne en mille... à
SimCity bien sûr !
Plus classique, cette étape tribale n'a pas vraiment été présentée par Will Wright qui a préféré passer directement au stade spatial. Ici, il faut gérer sa planète mère, mais également les autres planètes de son système pour en faire des colonies. Bientôt, on pourra quitter ledit système pour explorer la galaxie et aller à la rencontre des autres joueurs. Là encore,
Spore prend une dimension absolument inédite : il est effectivement possible de croiser les créations de tous les autres joueurs puisque
Spore duplique sur ses propres serveurs l'ensemble du contenu mis au point par les différents joueurs ! Du coup, les systèmes de la galaxie sont très différents les uns des autres et beaucoup plus variés que si les développeurs avaient été dans l'obligation de tous les imaginer. Les rencontres avec les autres joueurs peuvent se faire de manière pacifique, mais aussi déboucher sur de terribles conflits suivant le caractère des créatures rencontrées.
S'il n'a pas répondu à toutes les questions qui pouvaient se poser, Will Wright a sans aucun doute frappé très fort avec cette présentation d'un jeu qui restait jusqu'à présent très mystérieux. En théorie, le concept mis en place par le créateur des
Sims est évidemment très alléchant et les possibilités offertes à chaque étape du jeu feront rêver plus d'un joueur. Nous n'avons hélas pas pu jouer par nous-mêmes à ce titre, pas plus que nous avons pu juger de son intérêt à long terme ou des transitions entre les différentes phases. Autant de questions encore en suspend qui nous empêchent d'être complètement enthousiastes, mais une chose est cependant certaine : nous allons surveiller de très près la dernière création de Will Wright.