Les tendances
Les évolutions qui ont lieu dans chacune des trois familles d'appareils rendent de plus en plus ténues les différences entre elles. Situés entre les compacts et les reflex, les bridges voient plus que tout autres leurs spécificités s'estomper :
- On assiste à une perte de repère en ce qui concerne les prix, et ce des deux côtés de la frontière : celle avec les compacts et celle avec les reflex. De nombreux bridges sont ainsi positionnés sous la barre des 300 euros, ce qui les fait se situer au même niveau de prix qu'un compact haut de gamme. De l'autre côté, certains modèles particulièrement avancés se positionnent dans la tranche des 400-500 euros, soit un tarif équivalent à celui des reflex premier prix. Lorsque l'on a le budget pour un bridge et que l'on pèse le pour et le contre de chacun des trois types d'appareils, il peut arriver que l'on opte en définitive pour un compact « pro » ou pour un reflex entrée de gamme.
- Les bridges n'échappent pas à la tendance à la miniaturisation déjà mentionnée pour la catégorie des compacts et sur laquelle nous reviendrons dans la partie consacrée aux reflex. Certains constructeurs sont à la recherche d'une compacité toujours plus importante, ce qui conduit certains modèles à prendre des allures de « gros compact ». Ce qui est intéressant, c'est que cette miniaturisation se fait sans compromis sur la taille du zoom qui va au contraire toujours croissant (voir le point suivant). Là où cette tendance est préjudiciable, c'est sur le chapitre de l'ergonomie, un appareil plus petit offrant souvent un confort moindre de prise en main (poignée plus petite et moins profonde).
- Le zoom qui n'en finit pas de s'allonger. On assiste en effet depuis quelques mois à une nouvelle « course » en photo. A côté de celle aux pixels se dessine en effet la course au zoom le plus puissant, de type 18 x voire 20 x ! Tous les constructeurs se sont en effet engouffrés dans le sillage du SP-550 UZ d'Olympus, le premier bridge à s'être équipé d'un zoom 18 x (équivalent à un 28-504 mm) d'une amplitude inégalée jusqu'alors. Plus récemment, le même Olympus a réussi un nouvel exploit avec son SP-570 UZ équipé d'un zoom 20 x équivalent à un 26-520 mm. Quel est l'intérêt de ces zooms surpuissants demanderont certains d'entre vous ? Le fait de pouvoir aller chercher des détails dans le lointain (un oiseau dans le ciel, une maison située sur la colline en face…), détails qu'un objectif moins puissant ne pourra atteindre. Un zoom d'une telle amplitude n'est pour autant par une panacée. Avant de craquer pour ces télé surpuissants, il convient de se poser quelques questions :
- Ai-je besoin d'un tel zoom ? Si votre style de photographie est la photo tranquille au hasard des déambulations ou les photos de famille, la réponse est non. Un tel objectif sera surdimensionné et ne fera que vous encombrer. A l'inverse, si vous êtes épris de photographie animalière qui suppose de se tenir à bonne distance de l'animal photographié, ce type d'objectif peut vous permettre de connaitre de grandes joies et de belles réussites.
- S'accompagne-t-il d'un stabilisateur de type optique ou mécanique ? Si tel n'est pas le cas, sachant que les bougés infligés par le photographe à l'appareil augmentent à mesure que l'on se déplace sur la plage focale, les plus fortes valeurs de zoom seront inexploitables.
- Cet accent mis sur les longues focales se fait-il au détriment de la position grand-angle, tout autant si ce n'est plus utile ? Lorsque vous faites votre choix, ne regardez pas que le coefficient de zoom mais aussi la plage focale effectivement couverte. Pour un zoom d'une même amplitude (Ex. : 18 x), préférez celui qui couvre l'équivalent d'un 28-504 mm à celui qui débute à 35 mm et couvre l'équivalent d'un 35-630 mm. Le premier vous offrira un recul supérieur, bien utile dans les espaces confinés.