Optique, électronique ou reflex : vous avez l'embarras du choix !
Le système de visée, et la façon dont l'image est représentée, est l'une des principales différences entre les trois familles d'appareils que sont les compacts, les bridges et les reflex. L'explication de chacun de ces systèmes mérite une place importante dans ce guide, tant cette seule caractéristique, abordée sous l'angle du confort d'utilisation et de la fiabilité, peut suffire à orienter le choix d'un utilisateur vers l'un ou l'autre de ces types d'appareils.
Le viseur optique
Ce premier type de viseur est celui des compacts
(lorsqu'ils en sont équipés !). Contrairement à ce qui se passe avec le viseur des reflex, ici le viseur est indépendant du bloc optique et l'image qu'il présente n'est pas l'image réelle.
Les viseurs optiques se font rares sur les compacts
Le viseur optique permet de photographier sans allumer l'écran, ce qui permet des économies d'énergie. Mais le viseur se fait de plus en plus rare sur les compacts, d'abord parce que ses qualités sont très discutables, ensuite parce que beaucoup de constructeurs font le choix d'un grand écran
(2,5 pouces voire 3 pouces) qui ne laisse guère de place pour un viseur. Le viseur s'avère utile lorsque l'écran est rendu illisible par un éclairage important
(en plein soleil), et c'est le plus souvent pour cette raison que certains y tiennent. Dans les autres contextes, il déçoit le plus souvent, notamment lorsque :
- Il est peu confortable (absence d'œilleton caoutchouté par exemple).
- Il est petit.
- Il ne couvre qu'une partie du champ visuel, parfois seulement 80 %. L'image capturée est amputée par rapport à l'image « vue » dans le viseur au moment du déclenchement, ce qui rend le cadrage approximatif.
- Il présente des problèmes de parallaxe. Ce défaut – décalage entre le sujet cadré et l'image effectivement capturée – se produit lorsque le viseur optique n'est pas dans l'axe de l'objectif. De façon à le réduire au maximum, les fabricants placent les viseurs optiques au plus près de l'objectif, mais rares sont les compacts exempts de ce défaut.
- A retenir toutefois en leur faveur et par comparaison avec le viseur numérique des bridges : l'absence de délai de rafraichissement.
Quelques conseils :
- Vérifiez le champ couvert par le viseur ; c'est une information qui figure dans les spécifications détaillées.
- Préférez un modèle avec correcteur dioptrique, qui vous permettra de régler l'affichage à votre vue.
- Si vous avez la possibilité de prendre en main l'appareil avant l'achat, faites-vous une idée de ce problème de parallaxe.
C'est lorsque l'écran est rendu illisible par un plein soleil que le viseur optique retrouve son utilité
Le viseur électronique
Le viseur électronique est une des spécificités des bridges, ces appareils permettant au choix de cadrer au moyen du viseur ou de l'écran arrière. Dit ACL
(pour Affichage à cristaux liquides) ou LCD
(pour Liquide Crystal Display), le viseur électronique est assez souvent mal-aimé. Pourtant, il est extrêmement convaincant sur bien des points. Protégé par un œilleton, il reste lisible en plein soleil, ce qui n'est pas le cas de l'écran arrière. Ensuite, il reproduit des indications concernant l'ouverture et la vitesse d'obturation par exemple, ce qui est utile pour garder un œil dessus (c'est le cas de le dire) et les modifier rapidement au besoin. Enfin, l'image qu'il affiche reproduit la température de couleur de l'image finale, son exposition et sa profondeur de champ… Les plus convaincants affichent un histogramme
(graphique représentant la distribution de la lumière et des ombres) qui permet vraiment de juger de l'exposition d'une photo en temps réel.
Que lui reprochent ceux qui n'en sont pas de chauds partisans ? D'être gourmand en énergie d'une part
(il sollicitera effectivement un peu les batteries), de manquer de précision d'autre part. Sur ce second point, si sa définition est faible (90 000 pixels par exemple), le viseur ne permet effectivement pas d'effectuer une mise au point manuelle précise. D'autre part, comme tout LCD qui se respecte, le viseur électronique subit souvent un léger retard à l'affichage, imputable au délai de rafraîchissement. Enfin, sa luminosité n'est pas toujours fiable : excessivement lumineux par rapport à la scène capturée sur certains appareils, trop peu sur d'autres, il demande un recul critique que seule une bonne familiarité avec l'appareil peut procurer.
L'histogramme live permet de contrôler l'exposition en temps réel, en affichant la distribution de la lumière et des ombres.
Une exposition insuffisante se constatera avant même le déclenchement
Quelques conseils :
- Préférez un viseur large et lumineux.
- Choisissez un viseur dont la résolution est élevée.
- Préférez un modèle avec correcteur dioptrique, qui vous permettra de régler l'affichage à votre vue.
- Soyez attentifs au champ couvert par le viseur (Cette information est souvent donnée dans les spécifications détaillées).
- Certains bridges disposent d'un ingénieux système qui commute l'affichage du viseur à l'écran et inversement, en fonction de la position de l'œil. C'est notamment le cas des Dimage de Konica Minolta et du Sony Cyber-shot R1.
L'écran LCD
L'écran LCD qui équipe les compacts et les bridges est devenu avec le temps un système de visée comme un autre, et peut-être même le plus prisé ! Au fil des années, le petit écran des premières générations d'appareils numériques a fait place un écran large (jusqu'à 3 pouces sur un boîtier à pleine plus large !), lumineux et précis. Dans les premiers temps du numérique, l'écran servait avant tout à :
- Visualiser les images après la prise de vue.
- Simplifier l'accès aux réglages : un unique pad à quatre touches (haut/bas/gauche/droite) pour la navigation dans les menus remplaçant avec profit de nombreuses commandes externes.
À présent, la vocation première de l'écran est le cadrage. C'est si vrai que la plupart des nouveaux compacts font purement et simplement l'impasse sur le viseur optique.
À présent, la vocation première de l'écran est le cadrage
La visée par l'écran est particulièrement intéressante pour certains types de prise de vue comme la macro où elle permet de faire une mise au point manuelle précise. L'écran, lorsqu'il est orientable, est également des plus utile pour la photographie atypique, en plongée / contre-plongée ou « sous le nez des gens ». La visée « live »
(et l'histogramme proposés par certains appareils) sont aussi très efficaces pour savoir, avant même le déclenchement, à quoi ressemblera la photo : suffisamment ou pas assez lumineuse, trop bleu / rouge car on n'a mal réglé la
Balance des blancs, etc. Enfin, et ce n'est pas le moindre de leurs avantages, les écrans permettent permet de cadrer avec précision.
Les principaux inconvénients des écrans sont le manque de lisibilité en plein soleil, le délai de rafraîchissement qui fait que l'image s'affiche avec un certain retard, ainsi qu'un manque de précision. Mais ce n'est pas tout : l'écran impose de viser en tenant l'appareil à bout de bras, position tout à fait contraire à celle qui faut adopter
(les bras le long du corps, le souffle retenu) pour enregistrer une photo nette.
L'écran impose de viser à bout de bras : rien de tel pour faire des photos floues
Quelques conseils :
- Essayer l'écran orientable, c'est l'adopter ! Tous ne s'orientent pas de la même façon (certains latéralement, d'autres non, d'autres encore pouvant pivoter sur 180°), mais leur point commun est de rendre aisées des prises de vue qui sans cela demandent un peu de contorsions, et surtout de permettre d'adopter des angles de vue originaux. L'écran orientable joint à la mise au point manuelle est idéal pour la photographie macro.
Quelle que soit la façon dont il s'oriente, l'écran orientable apporte un vrai confort d'utilisation
- Si vous le pouvez, essayez l'appareil en conditions de forte luminosité pour vous faire une idée de la lisibilité de l'écran. Ce n'est jamais très convaincant, mais certains sont vraiment pires que d'autres !
- Dans la plupart des cas, il est possible d'afficher une grille pour aider à la composition.
- Encore rares, les écrans OLED (diodes électroluminescentes organiques) comme celui qui équipe le Kodak LS633, devraient se généraliser. Leurs avantages : un affichage plus lumineux et plus riche en couleurs, et une consommation moindre.
Le viseur TTL
Le viseur TTL (Through The Lens) – au travers de l'objectif - est celui des reflex. Contrairement à ce qui se passe dans le cas des compacts où le viseur est indépendant de l'objectif, la visée se fait ici par le biais de l'objectif. C'est ce que signifie l'expression « reflex mono-objectif » : un seul objectif qui sert à la fois à la visée et à la prise de vue. La visée reflex consiste en système de miroir articulé et de prisme qui dévie la lumière du capteur vers l'œilleton. Lorsque l'utilisateur déclenche, le miroir se relève, le capteur reçoit la lumière et enregistre l'image. Sur le reflex, l'écran arrière ne sert qu'à visionner les photos après la prise de vue.
La visée reflex a de nombreux avantages : elle est extrêmement claire et permet d'observer la profondeur de champ. Par ailleurs, on voit exactement ce que l'on va photographier et l'on n'est jamais gêné par une forte luminosité.