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Live Japon : la folie des livres sur mobiles

Publiée par Karyn Poupée le Samedi 7 Juillet 2007pour le salonLive Japon

Brève Téléphone mobile

Voici, comme chaque semaine un nouveau mini-reportage en direct du Japon, réalisé grâce à notre correspondante permanente sur place : Karyn. Présente dans la célèbre ville de Tokyo, Karyn nous propose donc de nous faire vivre l'actualité high tech de ce côté-ci du globe. Dépaysement garanti !

Les folies des livres et du mobile associées

Lorsqu'il y a quelques semaines Catherine Deneuve honora le Japon de sa présence, cela faisait dix ans qu'elle n'avait pas mis les pieds au pays du Soleil-Levant où elle compte pourtant des hordes de fans. Et quand on lui demanda ce qui, selon elle, avait le plus changé en une décennie, que croyez-vous qu'elle répondit? Eh bien que désormais il lui est plus facile de passer inaperçue dans les artères huppées de Tokyo. Diable. Ce n'est pourtant pas qu'elle soit devenue méconnaissable ou que sa cote de célébrité dans l'archipel ait dévissé. Alors pourquoi? Eh bien plus trivialement parce que "les passants déambulent les yeux scotchés sur leur téléphone portable et ne prêtent plus guère attention aux êtres qu'ils croisent", fussent-ils des stars mondiales. Damned!

En effet, impossible pour les étrangers de passage de ne pas faire d'emblée ce constat, tant le phénomène est massif. Si en Europe l'usage du téléphone portable est également important, il relève le plus souvent de la communication vocale (hormis pour une minorité de technophiles). Mais au Japon, une écrasante part des individus qui emploient en public leur "kakasenai keitai' (indispensable portable) ne téléphonent pas: ils lisent (des e-mails, des articles, des publicités...) ou écrivent, maintenant leur mobile face à eux et non accolé à l'oreille.

Japon Livre


Parcourir de longs textes sur un petit écran de portable ne constitue pas un frein pour les autochtones. Ils ont d'autant plus l'habitude qu'ils ont depuis belle lurette troqué leur dictionnaire contre une encyclopédie électronique de poche pour vérifier à tout moment la lecture d'idéogrammes, comprendre la signification de termes sibyllins, ou rédiger une lettre en respectant le protocole.

Si bien que dans ce pays de dévoreurs insatiables de journaux, magazines et écrits en tout genre, le téléphone cellulaire est bel et bien devenu un nouvel important support de lecture. A tel point qu'est né un nouveau marché en plein boom d'oeuvres pour mobiles.



On dénombre ainsi des dizaines de librairies virtuelles sur les portails des opérateurs locaux (NTT DoCoMO, KDDI, Softbank). Ces sites proposent des milliers de livres numérisés à télécharger pour une somme évoluant de 2 euros à plus de 15 euros pièce. Les plus importantes enseignes, les généralistes, recensent jusqu'à 6.000 titres, une offre qui ne cesse de s'élargir.

La recherche d'une publication peut se faire par genre ou mots-clefs. Généralement, comme dans les magasins ayant pignon sur rue, un classement des meilleures ventes permet de trouver rapidement les titres phares du moment, les Japonais mettant un point d'honneur à ne pas faire l'impasse sur les bouquins qui font débat.



Pour parcourir intégralement ces ouvrages dématérialisés ou en consulter de larges extraits gratuits, il faut au préalable télécharger une ou plusieurs applications offertes, en fonction des formats. Les manga exigent par exemple un logiciel particulier pour faire défiler les vignettes, presque comme une animation. C'est d'ailleurs si agréable que le rayon virtuel de cette forme de bande dessinée est l'un des plus prisés. Ne se limitant pas aux fictions du genre "Detective Conan", "Nana" ou autres oeuvres populaires, la narration imagée est utilisée pour tous les genres, y compris pour des essais économiques, des livres pratiques ou des ouvrages scolaires.

Les catalogues de photos de minettes plus ou moins dénudées figurent également en bonne place au palmarès. Passons.

Une offre qui séduit les plus jeunes grâce à... l'Amour !

Les bouquins qui cartonnent le plus sont... les romans d'amour et autres drames pour adolescentes et jeunes femmes, dont certains sont écrits spécifiquement pour ces sites et vendus exclusivement sous forme numérique. Les Japonaises de 15-20 ans en raffolent et les chiffres sont carrément affolants, qui grimpent à quatre, cinq voire 16 millions de téléchargements pour les histoires les plus populaires. Effet de "kuchi komi" (bouche à oreille) dans les cours de lycées ou sur les sites communautaires mobiles, les ventes ont vite fait de prendre une ampleur déconcertante, même si au Japon, pays de la démesure consumériste, il n'est pas rare que des livres en rayons atteignent également des volumes d'achats du même ordre.



Reste que même les sociologues et éditeurs locaux ne s'attendaient pas à un tel phénomène sur le mobile. D'autant que certains des romans en question ont été écrits par de jeunes auteurs inconnus ... sur le clavier de leur téléphone portable!!



Du coup, les directeurs de collections des grandes maisons d'édition font désormais leurs emplettes sur les sites mobiles pour y débusquer les bons plans. Ils publient les nouveautés les plus appréciées en ligne sous forme imprimée dans les librairies en dur avec la quasi-certitude d'en faire des succès auprès des jeunes Nippones qui n'ont pas encore remplacé leur livre de chevet par leur téléphone portable. Et le fait est que nombre de ces romans qui ont défrayé en bien la chronique sur les sites internet deviennent des best-sellers, au grand dam des écrivains patentés.



On ne se prononcera pas hâtivement sur la qualité littéraire de ces ouvrages, mais il y a néanmoins peu de chances qu'ils fassent date dans les annales. Pourtant ils plaisent, car outre qu'ils content des histoires d'amourettes tumultueuses proches de celles vécues par les lectrices, leur structure (phrases courtes sous forme de dialogues le plus souvent) les rend faciles à lire sur mobile. La forme prime presque sur le fond.



L'engouement touche progressivement tous les publics. Selon les études des acteurs du secteur, le marché des livres à télécharger sur mobile a plus que doublé en 2006 par rapport à l'année antérieure pour représenter plus de 16 milliards de yens (100 millions d'euros au cours actuel) contre seulement 10 milliards de yens pour les ouvrages numérisés pour ordinateurs, assistants numériques personnels (PDA) et autres terminaux. Les appareils dédiés (Librié de Sony, Sigma de Matsushita et Toshiba ou récent Word Gear en couleur de Matsushita), jugés peu pratiques, font un flop au Japon.

Les e-book face au téléphone mobile

Les modèles d'e-book à écran souple promis à l'avenir auront eux aussi sans doute fort à faire pour détrôner le "keitai". Car outre l'avance qu'il a déjà prise sur tous les potentiels objets concurrents, le mobile dispose de nombreux atouts: il permet d'accéder aux milliers de références disponibles en ligne, de choisir, de payer et de télécharger un ouvrage en quelques clics et en toute sécurité, où que l'on soit, 24H/24. On l'a toujours sur soi, il est peu encombrant, polyvalent, multimédia (donc compatible avec les livres audio), dispose d'une longue autonomie, d'une importante mémoire extensible par carte additionnelle et la définition de son écran ne cesse de s'améliorer. Qui offre mieux?



De facto, les Japonais rechigneront sans doute à alourdir leur sac ou leur poche avec un appareil supplémentaire moins complet si leur sacro-saint keitai constitue le meilleur compromis, ce qui est presque garanti.
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Les Commentaires des lecteurs
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le 07 Juill. 07 à 14h11
Edition
  
Lire sur son mobile: beurk :s

le mieux c'est quand même les vrais livres que l'on peut "toucher"
Edité le 07/07/2007 à 14:12
 
le 07 Juill. 07 à 14h13
Edition
  
C'est le ophtalmos qui vont être content
 
le 07 Juill. 07 à 14h25
Edition
  
Les 2 premières réactions sont curieuses...

1/ Je vois pas en quoi un livre ("vrai" ca veut rien dire) est intrinsèquement supérieur à un écran...
Tout dépend du rafraîchissement, de la mise en forme, etc.

2/ Si tu peux grossir le texte comme dans un navigateur et que l'écran est rétro-éclairé c'est probablement moins mauvais que de lire un livre sans un éclairage excellent.

En fait le problème est ailleurs : l'article explique en gros qu'ils lisent, oui, mais de la merde, et en + en marchant dans la rue (acccidents, problèmes de dos, etc.).
 
le 07 Juill. 07 à 14h28
Edition
  
En même temps, on dit plus de choses en une page en japonais qu'en caractères romains.
 
le 07 Juill. 07 à 14h44
Edition
  
oui mais aucun appareil numérique n'a le "toucher" d'un livre, pis regarder un écran c'est quand même moins bien que du papier...
 
le 07 Juill. 07 à 14h45
Edition
  
Ca c'est l'effet du mobile (tout le mobile pas seulement le téléphone.)

Cela ne doit pas être désagréable de lire un manga sur son portable et de plus on peut en avoir plusieurs avec pour effet d'alléger son sac.

En tout cas merci pour l'info "Karyn Poupée" (ou le(s) rédacteurs de clubic.)
 
le 07 Juill. 07 à 14h46
Edition
  
1/ il était question du rapport physique que certains lecteurs (passionnés) ont avec les livres. Que ce soit en livre de poche ou la première edition du roman, ça se caresse, ça se tord, ça s'oublie sous l'oreiller, ça se griffone, ça se range dans la biblio, etc...

tout n'est pas cartésien et ne se définit pas en terme de luminosité, ou d'image/seconde...
 
le 07 Juill. 07 à 14h52
Edition
  
personnellement préfere regarder mon manga moi ^^ et puis suis un peu collectionneur donc sur mobile...

y a pas un petit "death note" ?

Je suis daccord avec mon voisin ci dessus quand on est passionné (que ce soit bouquins, musique, film ...) c'est pas juste le contenu qui nous intérresse mais le contenu le contenant et ce qui va avec : signature de l'auteur sur un bouquin, une édition spéciale, des bonus, la couverture ou la jaquette, parfois des petits détails qui sont quasi vitale pour le passionné...
Edité le 07/07/2007 à 15:03
 
le 07 Juill. 07 à 14h58
Edition
  
+1 "Akinatsu".
Sinon, merci encore pour cet article, j'aime apprendre des cultures différentes
Par contre, si un jour le e-book devrait remplacer mes livres (ce qui est pour l'instant peu probable, je mets un point d'honneur à la présentation/touché/odeur d'un bouquin physique), le portable j'éviterais, car malgré que vous disiez dans l'article que les portables ont une bonne autonomie, d'apres ce dont je me souviens les e-book ont carrément une autonomie dépassant des 10nes d'heures (corriger moi si je dis des con*****) et aussi un ecran bien plus large sans parler que je rejoins "Gui17" pour le coté accident et la qualité des bouquins proposés
 
le 07 Juill. 07 à 15h22
Edition
  
Akinatsu a écrit:
En même temps, on dit plus de choses en une page en japonais qu'en caractères romains.

Puisque tu sembles connaître le japonais, je me demandais ce que ça donnait le langage SMS dans cette langue (si c'est utilisé là-bas) ??
Edité le 07/07/2007 à 15:23
 
le 07 Juill. 07 à 15h23
Edition
  
Moi tout ce que je constate c'est qu'ils lisent et ça c'est très important surtout de nos jours. Lorsque je vois qu'un enfant de 6eme ne sais ni écrire ni lire cela me fait peur.
 
le 07 Juill. 07 à 15h51
Edition
  
euchrid a écrit:
Akinatsu a écrit:
En même temps, on dit plus de choses en une page en japonais qu'en caractères romains.

Puisque tu sembles connaître le japonais, je me demandais ce que ça donnait le langage SMS dans cette langue (si c'est utilisé là-bas) ??
Ca fait longtemps que je me pose cette question.
 
le 07 Juill. 07 à 16h18
Edition
  
Pour avoir lu quelques ebooks, j'avais au début un mauvais a priori préférant les livres papier, mais finalement c'est assez agréable quand même.
Par contre pour l'instant je ne passerai pas le pas pour les bds car la résolution et la taille d'un écran de portable ou pda sont vraiment trop petit, et sur un écran d'ordinateur ca perd tout son sens
 
le 07 Juill. 07 à 16h35
Edition
  
Lol dire que j'ai jamais réussi à les afficher correctement sur mon PDA (nombreux bugs...)
 
le 07 Juill. 07 à 16h39
Edition
  
Je pense que certains commentaires font etat d'un relatif manque de connaisance de la culture japonaise. Entre autre le fait que la plupart des mangas sont du pur jetable, on le lit et on le met a la poubelle. Ensuite que les jap' sont completement dingue de technologie du plus utile au moins utile, le reste du monde vit avec 50 ans de retard sur eux. Plus, la plupart des jap' urbains vivent dans des apparts minuscules a cause du prix des logements et ont donc une vie numerique tres riche et parallement tres peu de place, le dematerialise est une aubaine. Enfin, au japon les telephone portables sont des accessoires de mode a part entiere qui s'affichent en pendentif ou a la ceinture, certains en portent plusieurs en meme temps ou de plusieurs couleurs pour s'accorder avec leurs vetements.

En fait je ne suis pas du tout etonne de cet engouement sur le livre numerique sur mobile, ca corresponds parfaitement a la culture des jeunes japonais et aux contraintes materielles de la vie japonaise urbaine.
 
le 07 Juill. 07 à 16h42
Edition
  
Pour ma part un livre est un véritable trésors.
C'est un petit pavé merveilleux qui s'ouvre telle une fenêtre sur un monde que l'on emporte partout avec sois. Un livre, à mes yeux, est un peu magique, et chaque livre que j'embarque avec moi est une sorte d'ami qui me fait voyager. Ce n'est pas un support au même titre que les E-books ou autres PDA, c'est avant tout et pour tout la Base de la compilation d'informations/histoires/roman etc ... Les premiers livres ou "Codex" sont nées au moyen âge, c'est l'évolution directe du "rouleau", rien que ce fait historique place dans mon coeur les livre comme un élément noble, une forme et une mise en page qui nécessite un certain respect, et dont découle une grande partie du plaisir de la lecture, sous son aspect basique.
Voila pourquoi il faudrait me payer cher pour lire sur un petit écran, ou un gros ^_^.
 
le 07 Juill. 07 à 17h01
Edition
  
Après faut regarder l'aspect écolo aussi. Les livres papiers contribue en partie à la déforestation... Juste pour cette aspect là, je suis à 100% pour les e-book meme si je sais que, les appareil qui permette de lire les e-book(portable, PDA, ect...) créer aussi de la polution, soit indirect, mais c'est de la polution tout de meme.


Cordialement
 
le 07 Juill. 07 à 17h07
Edition
  
Pour moi le trésor c'est avant tout le contenu ... et dans le cas de petites histoires sans grand intérêt littéraire ça ne me dérangerais surement pas de jeter le livre après l'avoir lu, donc ce système est intéressant

Je connais des tas de gens qui ont de grandes bibliothèques remplis de livre qu'ils ne liront qu'une seule fois ... c'est peut-être joli dans un bureau mais c'est tout
 
le 07 Juill. 07 à 17h09
Edition
  
Je suis un vieux con avant l'âge ^^