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En direct des USA : Start-ups de la Silicon Valley

Brève Business Informatique

Batiment Google
Voici, comme chaque semaine un nouveau mini-reportage en direct des Etats-Unis, réalisé grâce à notre nouveau correspondant permanent sur place : Erwan. Présent au centre de la « fameuse » Silicon Valley, Erwan nous propose de découvrir les coulisses de ce lieu incontournable pour les fanas d'informatique et de nouvelles technologies !

Les start-ups sont ce qui fait la Silicon Valley, ce qu'elle est : l'endroit de choix pour créer une entreprise innovante dans le domaine des nouvelles technologies, avec l'espoir de donner vie au nouveau Google.

Les Protagonistes

Commençons par les présentations, et listons les personnages qui peuplent ce petit monde. Notez qu'il n'y a pas de catégories strictes, que les entrepreneurs peuvent être des hackers et que les ventures capitalistes ne le sont pas dès la sortie de l'université.

Le Hacker

Illustration Virus
Ingénieur passionné par son métier, il écrirait des logiciels même s'il n'était pas payé pour ça. Il fournit la matière grise pour produire des logiciels, et est souvent impliqué dans les décisions stratégiques de l'entreprise.

Lorsque la conjoncture est bonne (comme maintenant), les entreprises font des pieds et des mains pour attirer les ingénieurs les plus talentueux. Et pour séduire un hacker passionné, ce n'est pas toujours le salaire qui compte le plus : technologies à la mode, projet porteur et passionnant et environnement de travail agréable sont les arguments utilisés par les entreprises qui veulent recruter à un haut niveau. Google, l'entreprise la plus courtisée par les candidats, est réputée offrir un salaire inférieur à la moyenne de la région.

Il reçoit des stock-options afin de profiter de l'éventuel succès de l'entreprise. Les stock-options ne valent rien tant que l'entreprise n'est ni cotée en bourse, ni rachetée, mais si cela arrive l'employé peut acheter des actions aux prix en vigueur quand il a rejoint l'entreprise (quelques cents) et les revendre au prix du marché.

L'Entrepreneur

C'est lui qui crée la start-up, et il n'a pas forcément un profil technique. Il a des idées, une vision, et le charisme pour s'entourer de personnes qui vont partager ses rêves. C'est lui qui doit trouver le financement pour sa start-up et qui occupe la place de CEO (PDG) aux débuts de l'entreprise.

Le profil type de l'entrepreneur n'est pas forcément celui du chef d'entreprise ; créer une entreprise est une tâche bien différente de la faire tourner au jour le jour.

Le Venture Capitalist

Dollars
Le "VC" fournit les fonds nécessaires pour faire tourner l'entreprise. Cela inclut bien sûr le matériel, les bureaux mais aussi les salaires, y compris celui du (ou des) fondateur(s). En faisant appel à des VC pour financer son entreprise, le fondateur évite d'avoir à manger des nouilles tous les jours et peut se permettre de s'entourer d'ingénieurs pour mener à bien son projet.

Un bon VC est capable de reconnaître non seulement les bons projets, mais aussi les bons fondateurs. Une fois la start-up financée, le VC va suivre le projet en prenant part au conseil d'administration et peut avoir un impact important sur les décisions prises.

Comment devient-on venture capitalist ? Il y a bien sûr les VC qui se font simplement embaucher par une entreprise telle que Bessemer, financée par des banques ou autres fonds d'investissements dans un but spéculatif. Mais de nombreux venture capitalists sont des fondateurs ou employés de start-up qui ont réussi. À un événement organisé par l'Ambassade de France, j'ai eu l'occasion de croiser un ancien de Google qui y était depuis les débuts en 1998. Il a gagné des centaines de millions en stock-options, et a choisi de réinvestir cet argent dans des start-ups en fondant son entreprise de venture capital.

Financer une Start-up

La start-up commence avec une idée : un nouveau site web révolutionnaire (c'est à la mode), un logiciel qui va se répandre comme une traînée de poudre (moins courant ces jours-ci) ou même un gadget électronique.

Une fois cette idée en tête, le fondateur va généralement démarrer son projet sans fonds, dans son garage comme le dit la légende (même si dans la pratique c'est souvent le salon - pourquoi mettre son ordinateur dans son garage ?) afin d'avoir un prototype.

Une fois le prototype prêt, le fondateur va entrer en contact avec des VC pour financer son projet. Il peut soit les contacter directement, soit participer aux nombreux salons qui ont pour unique but de mettre en relation fondateurs et VC. Il va tenter de les convaincre que le projet va être profitable rapidement (en général les VC souhaitent avoir un retour sur investissement dans les 2 ans).

"Quel est votre business model ?"

YouTube - Google
C'est la question que le fondateur va entendre à chaque fois qu'il rencontre un VC. Le business model, c'est la façon dont l'entreprise à l'intention de gagner de l'argent. Est-ce par la publicité ? Est-ce en faisant payer les utilisateurs ? En recevant de l'argent par un service tiers par un système d'affiliation ? Les business models sont nombreux, mais il est préférable d'en avoir un.

Le business model n'est pas absolument nécessaire pour recevoir un financement, mais après l'éclatement de la bulle Internet de la fin des années 90 les ventures capitalists se font plus prudents. Un proverbe dans la Vallée dit qu'il est plus difficile de rendre un service populaire que de trouver un business model pour un service déjà populaire.

Un exemple typique d'entreprise qui s'est lancée sans business model est Google : leur objectif était simplement de faire le meilleur moteur de recherche, sans se soucier de gagner de l'argent. Ils ont trouvé un moyen de gagner de l'argent plus tard, en introduisant leur système AdWords, qui fournit automatiquement des publicités correspondant à la recherche effectuée.

Il ne faut pas oublier non plus ce moyen de réussir sa start-up : se faire racheter par un géant tel que Google ou Yahoo!. C'est généralement une bonne opération financière, citons ainsi YouTube qui s'est fait racheter par Google avant même d'avoir à trouver un business model.

Premier round, deuxième round, troisième round, KO !

Start-Up
Souvent, une start-up arrive à court de fonds avant de devenir rentable. Quand un projet est jeune (au premier round de financement), les ventures capitalists ne mettent pas tout l'argent nécessaire : ils donnent de quoi démarrer, "pour voir ce que ça donne" et décider plus tard si on continue ou pas.

C'est le moment de faire un deuxième round de financement. Parfois un fondateur peut vouloir faire un deuxième round de financements alors qu'il reste encore suffisamment d'argent dans les caisses, si cela semble nécessaire pour agrandir l'équipe. À ce moment, le venture capitalists déjà impliqués peuvent rajouter de l'argent, et d'autres peuvent rejoindre le conseil d'administration.

Les moments où l'argent commence à manquer sont critiques dans la vie d'une start-up : il faut convaincre les VC de continuer à alimenter le projet, les convaincre que leur investissement en vaudra la peine. Sinon, les VC peuvent décider que l'entreprise doit réduire son équipe ou même fermer.

Lorsqu'une start-up "meurt", ce qui est chose courante puisque le principe est de prendre beaucoup de risques pour avoir quelques chances de gagner énormément d'argent, ce n'est pas une tragédie. Le fondateur a juste à trouver un nouveau projet (ou un job). Il a perçu un salaire pendant tout le temps de l'aventure, sans jamais avoir à prendre de crédit à son nom. Les employés aussi ont juste à trouver un autre travail, ce qui se fait généralement sans difficulté dans la région.

Les seuls à perdre dans l'histoire sont les ventures capitalists. Ils ne sont pourtant pas à plaindre, puisque généralement le succès d'une autre start-up qu'ils financent permettra de couvrir les pertes sur celle-ci - ainsi que sur 5 ou 6 autres start-up ayant échoué. D'ailleurs, à écouter les ventures capitalists, il y a suffisamment de start-up qui réussissent (et qui réussissent de manière spectaculaire) pour qui le métier de "capital-risqueur" ne soit après tout pas si risqué que cela.

Monter une Start-up sans Venture Capitalists

Cet article ne serait pas complet sans mentionner cette grande différence entre la bulle des années 90 et aujourd'hui : on peut réussir sans recevoir l'aide de venture capitalists. C'est du à plusieurs facteurs:

  • Plus besoin de publicité : alors que les start-ups du siècle dernier brûlaient leur argent en réclame, aujourd'hui grâce à l'ampleur qu'a pris Internet, aux blogs, avec le bon produit on peut se faire connaître sans dépenser un centime en publicité.

  • Réduction des coûts d'infrastructure : une connexion Internet à haut débit n'est pas chère, un hébergement non plus, on peut facilement monter un serveur avec quelques dizaines de dollars par mois.

  • Réduction des coûts de développement : avec les outils récents, un bon ingénieur peut monter en quelques mois un service web qui aurait nécessité plusieurs années/hommes il y a dix ans.

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Il vous faut quand même vivre sans salaire le temps que votre entreprise devienne rentable. Mais cela fait une grande différence, puisque sans VC vous restez propriétaire de l'entreprise et en gardez le contrôle. Une autre différence (de taille), est que si vous n'avez pas besoin de VC, vous n'avez pas forcément besoin de la Silicon Valley pour démarrer ; vous pouvez le faire de n'importe où dans le monde.

Tout dépend du but : les ventures capitalists cherchent les très gros profits, ils vont souvent vous encourager à grossir dans l'espoir de devenir le prochain Google plutôt que de commencer par assurer ses arrières. La plupart des ventures capitalists ne travaillent pas en dessous des 10 millions de dollars pour commencer une entreprise. Un fondateur qui souhaite grossir à sa vitesse aura plutôt intérêt à se passer de leurs services.
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Les Commentaires des lecteurs
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le 14 Avr. 07 à 12h08
Edition
  
interessant comme sujet
 
le 14 Avr. 07 à 12h13
Edition
  
Très intéressant comme article oui

Je me risquerais même à dire que je les trouve de plus en plus intéressants
 
le 14 Avr. 07 à 12h32
Edition
  
Ca fait plaisir de voir du redactionnel de cette qualité, captivant et instructif.
Quelque chose me dit que "Erwan" a décroché un bon job
 
le 14 Avr. 07 à 13h00
Edition
  
LaTeamClubic a écrit:
Lorsqu'une start-up "meure", (...)
Je pense que le présent est plus indiqué que le subjonctif.
 
le 14 Avr. 07 à 13h28
Edition
  
Très bonne idée cette série d'articles! Merci!
 
le 14 Avr. 07 à 13h28
Edition
  
Ozymandias a écrit:
Je pense que le présent est plus indiqué que le subjonctif.


Présent est un temps, subjonctif un mode .... "meure" c'est du présent !

"Je pense que l'indicatif est plus indiqué que le subjonctif." serait plus exact, quitte à critiquer
 
le 14 Avr. 07 à 13h32
Edition
  
HS :

a propo pour creer une entreprise en france
a quoi corresponde les frais fixes :
assurences, location local ....
meme a l'ANPE il te donnent pas la liste

merci
 
le 14 Avr. 07 à 13h33
Edition
  
Merci Erwan, c'est ultra-intéressant de connaitre et de comprendre ce modèle économique.
 
le 14 Avr. 07 à 13h35
Edition
  
En voila un sujet qu'il est bien !
 
le 14 Avr. 07 à 14h14
Edition
  
Que cela fait plaisir de voir une info de plus en plus orientée business...même si l'article ne rentre pas trop dans le détail (Clubic Community oblige) il est un bon depart pour celui qui desire se renseigner à ce sujet, et qui sait se faire un ptit voyage d'été chez l'oncle Sam pour voir de quoi il retourne. San Francisco est d'ailleurs loin d'etre une des villes les plus désagréables de US!

Merci encore pour ton article E.

Continuez, Clubic mérite la palme de l'Universal Hompage ! LoL

++
 
le 14 Avr. 07 à 14h40
Edition
  
Lorsqu'une start-up "meurt", ce qui est chose courante puisque le principe est de prendre beaucoup de risques pour avoir quelques chances de gagner énormément d'argent, ce n'est pas une tragédie. Le fondateur a juste à trouver un nouveau projet (ou un job). Il a perçu un salaire pendant tout le temps de l'aventure, sans jamais avoir à prendre de crédit à son nom. Les employés aussi ont juste à trouver un autre travail, ce qui se fait généralement sans difficulté dans la région.

Je rêve... En europe c'est sur la gueule du gentil, dévoué et travailleur propriétaire de l'entreprise que ça retombe (les banques aiment pas tellement emprunter au S.A)...

Je comprends pourquoi toute ces entreprises se sont développées aux états-unis. Ils ont le goût du risque et sont ambitieux. Ca me fait quand même rêvé ça... (même si je fais tout pour ne pas adorer ce pays ).
 
le 14 Avr. 07 à 15h20
Edition
  
gvia66 a écrit:
HS :

a propo pour creer une entreprise en france
a quoi corresponde les frais fixes :
assurences, location local ....
meme a l'ANPE il te donnent pas la liste

merci


Rien ne vaut quelques etudes commerciales/gestion pour cela, c'est pour ca que ce mond est complementaire

Sinon tu peux faire des stage de gestion organises par les organismes comme la CCI, c'est specialement creer pour les personnes voulant creer leur entreprise et ayant plutot des connaissances techniques (informaticiens, artisants, etc.) que des connaissances en gestion/commerce.

Enfin, si tu as pour projet de monter une entreprise, il te faudra monter un business plan, ca te permettra de te reperer dans l'avancement de ton projet, fixer des objectifs sur differents parametres et si tu en as besoin de negocier aupres de ta banque ou de business angels.

Un logiciel fait par la pepiniere d'entreprise de Montpellier Cap-Alpha est disponible gratuitement et relativement bien concu : http://www.business-plan-capalpha.com/tele...elecharger.php3

Le meme chose a destination des pays anglosaxons ou notament les regles de comptabilite sont differentes : http://www.business-plan-capalpha.com/bpas...chargement.php3

Il suffit de t'inscrire (gratuit) pour pouvoir telecahrger les 2 logiciels. Si tu as d'autres question n'hesite pas a me contacter en MP.
 
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le 14 Avr. 07 à 15h23
Edition
  
gvia66 a écrit:
HS :

a propo pour creer une entreprise en france
a quoi corresponde les frais fixes :
assurences, location local ....
meme a l'ANPE il te donnent pas la liste

merci


un bon point de depart: www.apce.com
et avant de commencer: avoir des clients en vue (ca peut faire sourire, mais 9 entrepreneur sur 10 commencent leur activité sans clients :S )
 
le 14 Avr. 07 à 15h26
Edition
  
Dusty a écrit:
Je comprends pourquoi toute ces entreprises se sont développé aux états-unis. Ils ont le goût du risque et sont ambitieux. Ca me fait quand même rêvé ça... (même si je fais tout pour ne pas adorer ce pays ).


Les anglosaxons ont une autre conception du monde, ca fait partie des chose ou ca se ressent clairement. Maintenant il faut relativiser sur quelques points, notament le financement. C'est clair qu'il est beaucoup plus facile de se faire financer en Angleterre ou aux USA pour monter une enterprise, on te propose egalement des conseils financiers et fiscaux quand tu fais cette operation. Apres il faut savoir que les taux d'interets peuvent etre completement hallucinant (on voit facilement 29.50% APR), mais on te laisse l'opportunite de reussir, ... ou de te planter. Meme si les taux d'interets peuvent etre parfois absolument indecents, au moins on te laisse ta chance. Le systeme bancaire francais faillit vraiment a sa mission de ce point de vue, ils ne prennent aucun risque. C'est une honte.
 
le 14 Avr. 07 à 15h37
Edition
  
boz a écrit:
un bon point de depart: www.apce.com
et avant de commencer: avoir des clients en vue (ca peut faire sourire, mais 9 entrepreneur sur 10 commencent leur activité sans clients :S )


La moitie des entreprises crees ferment pendant les 3 premieres annees, la cause principale est que le marche vise n'existait pas. On ne dira jamais assez qu'il faut etudier le besoin et le marche vise pour determiner si il existe et si il est suffisant pour permettre le developpement de l'entreprise (penser aussi que des concurrents peuvent s'y attaquer aussi). Une etude marketing est indispensable pour reduire les risques de se planter car il n'y a pas de client pour un service ou un produit.
 
le 14 Avr. 07 à 16h11
Edition
  
Dusty a écrit:
Je comprends pourquoi toute ces entreprises se sont développé aux états-unis. Ils ont le goût du risque et sont ambitieux. Ca me fait quand même rêvé ça... (même si je fais tout pour ne pas adorer ce pays ).

Je trouve le ton de l'article un brin enthousiaste quand même, ça présente le fonctionnement idéal du système mais pas un mot sur les disfonctionnement.

C'est un peux comme si on résumait la vie d'un français par un article du genre:
ANPE lorsqu'un français cherche du travail il lui suffit de s'inscrire pour se voir proposer des offres adapté à son profil et des formations pour booster sa carrière
SECU les français sont remboursé pour l'intégralité de leur frais de santé, ils sont tous pris en charge quelque soit le problème
....

Bref c'est un peux trop superficiel comme article.
 
le 14 Avr. 07 à 16h20
Edition
  
Vraiment captivant comme sujet ! ... d'autant plus qu'il donne envi de se lancer dans l'aventure Startupienne !

J'ajouterais que c'est très bien écrit ! ... Continues comme ça cher Erwan (qui soit dit en passant, a le meilleur métier du monde!
 
le 14 Avr. 07 à 16h35
Edition
  
Nutz a écrit:
Bref c'est un peux trop superficiel comme article.


Question de public vise, ayant fait des etudes de commerce/gestion je vais te dire qu'il est incomplet, imprecis, etc. Maintenant il faut aussi voir a qui tu t'adresses, cet article est suffisement bien construit pour etre comprehensible par tous et suffisement interessant pour donner l'envie a certains d'aller chercher plus loin.
 
le 14 Avr. 07 à 16h38
Edition
  
Quelle belle propagande capitaliste