supinfo
Ouverture de  SUPINFO USA à San Francisco en 2008. Des études en informatique en Californie à un tarif abordable ! Inscrivez-vous dès maintenant !
supinfo
Connexion :
Abonnement NewsletterOk
 

Peut-on faire confiance aux machines à voter ?

Publiée par Alex le Jeudi 5 Avril 2007

Brève Business Internet

Les bulletins, urnes et autres scrutateurs ont-ils fait leur temps ? Le 22 avril prochain, quelques dizaines de milliers de Français auront la possibilité de participer aux élections présidentielles à l'aide de « machines à voter ». Bien que cette innovation soit censée rendre le dispositif électoral plus sûr, plus économique et plus rapide, nombreux sont ceux qui craignent que l'avènement de la machine à voter s'accompagne de nouvelles possibilités de fraude ou de détournement des votes. La société américaine ES&S a accepté de nous présenter l'appareil qu'elle commercialise auprès de certains bureaux de vote en France, l'iVotronic, et de répondre à nos questions. Peut-on faire confiance aux machines à voter ?

Le système traditionnel de l'urne et du bulletin de vote n'est pas infaillible, mais son ancienneté lui confère un caractère rassurant. Les fabricants de machines à voter estiment toutefois que le risque de fraude est bien moins élevé avec leurs produits qu'avec les bonnes vieilles recettes, sans que le vote soit plus fastidieux pour l'électeur lambda.

Fonctionnement de l'iVotronic

Le fonctionnement de l'iVotronic ne présente, comme celui des solutions concurrentes, aucune difficulté particulière. Le président du bureau de vote insère sa clé dans un logement dédié après avoir vérifié votre présence sur les listes électorales. Vous accédez alors, sur un écran tactile, à la liste des choix proposés par le vote du jour. Une pression sur l'écran suffit pour effectuer une sélection, qu'il faut ensuite confirmer ou modifier avant de valider son vote une bonne fois pour toutes par une pression sur le bouton « Voter », situé à l'extrémité supérieure de l'écran, afin d'éviter tout appui involontaire qui risquerait de fausser le vote. Ne reste plus ensuite qu'à signer les registres pour avoir accompli son devoir de citoyen. L'iVotronic présente un clavier succinct en braille et un système audio pour permettre aux handicapés visuels de voter dans de bonnes conditions.

iVotronic machines à voter
iVotronic machines à voter


Théoriquement, il est impossible d'altérer la machine : blindée, étanche, elle résiste aux chocs électriques comme aux coupures d'alimentation (batterie embarquée). Son interface n'est accessible que si la clé d'identification est insérée dans son logement, et les différentes fonctions sont protégées par mot de passe. A l'intérieur, les informations relatives aux votes des électeurs sont stockées de façon aléatoire et cryptée sur quatre supports de stockage redondants, qui se synchronisent pour vérifier la cohérence des informations qu'ils contiennent avant et après chaque modification du système pour détecter l'éventuelle corruption de l'un d'entre eux. En cas d'intrusion, le système se bloque immédiatement, rendant toute opération impossible. Bien qu'elle dispose d'un port Ethernet, destiné au branchement d'un terminal de contrôle externe, la machine est virtuellement inaccessible de l'extérieur grâce à différentes protections et l'utilisation de protocoles propriétaires.

Le dépouillement du scrutin passe par un équipement spécifique également protégé par différents dispositifs et seul à pouvoir être connecté à la machine. Muni d'une imprimante, il délivre le résultat des votes en quelques dizaines de secondes. En cas de doute, un « audit log » permet d'obtenir le détail des votes, classés dans le désordre pour que l'anonymat du votant soit préservé, tandis qu'un « event log » répertorie toutes les manipulations système, histoire de repérer les éventuels comportements suspects. Pour bien faire, les différents accès à la connectique de la machine sont placés sous scellés numérotés.

iVotronic machines à voter
iVotronic machines à voter


Une sécurité à toute épreuve...

Pour pouvoir être utilisées en France, les machines à voter doivent recevoir l'aval du ministère de l'Intérieur et répondre aux spécifications énoncées dans le Règlement technique des machines à voter (PDF, 43 pages). En réalité, la certification des machines seules ne suffit pas, puisqu'il est nécessaire de faire valider l'ensemble du processus qui entoure leur usage. ES&S fait également appel à Veritas pour faire contrôler ses machines.

Par ailleurs, le fabricant explique que l'intégralité de la couche logicielle qui équipe ses machines est développée en interne, le code source de l'application étant tenu à la disposition de l'Intérieur pour vérification. Si les matériaux et composants tels que les EPROM viennent de l'extérieur, l'assemblage et le paramétrage des machines est effectué par ES&S.

... ou une menace latente ?

iVotronic machines à voter
Et pourtant. En dépit de tous les dispositifs de sécurité utilisés par les fabricants, la fraude est techniquement envisageable. Un Hollandais l'a récemment démontré sur une solution concurrente de celle présentée ici par ES&S. De la même façon qu'une bonne dose de patience permettra de remonter au code source d'un logiciel, par la méthode dite du reverse engineering, le système de ces machines peut, au moins sur le papier, être décompilé, analysé et modifié. Il suffirait alors d'un technicien malintentionné ou d'un employé de mairie peu scrupuleux pour qu'une machine validée et certifiée se change en instrument de fraude électorale.

Dès lors, la malversation serait-elle détectable ? ES&S prévoit d'intégrer à son iVotronic un dispositif permettant d'obtenir une sortie papier des votes enregistrés, afin que celle-ci puisse être comparée aux résultats comptabilisés par la machine. Problème : le dispositif en question n'a pas encore été certifié, bien qu'il soit prêt depuis plusieurs années. La machine dispose en outre d'un certain nombre de procédures de contrôle censées lui permettre de détecter un problème. Mais peut-on sérieusement faire confiance à un appareil modifié par un pirate pour diagnostiquer les modifications en question ?

D'autres zones d'ombre viennent jeter le discrédit sur les machines à voter. Aucune réglementation n'intervient par exemple au sujet du stockage de ces machines entre deux élections. Rangées dans une mairie, celles-ci resteront inactives durant des mois, un laps de temps que certains sauraient sans doute mettre à profit s'ils en avaient l'occasion.

1300 bureaux de vote en 2007

Environ 1300 bureaux de vote sont équipés de machines à voter. D'après ES&S, l'investissement serait de 4500 à 5000 euros pour trois ans, formation et accompagnement des personnels amenés à utiliser les appareils inclus. Le système se révèlerait donc relativement économique et, surtout, nettement plus simple à mettre en place qu'une élection traditionnelle, en monopolisant moins de personnel et moins de papier. En outre, l'accessibilité aux malvoyants est totale. En dépit de toutes les protections mises en place, il apparait qu'un acte de piratage pourrait passer inaperçu si aucun contrôle extérieur n'est effectué sur la machine. Une fois livrées aux mairies, celles-ci ne seront en effet révisées que deux ans plus tard, sauf demande expresse des instances étatiques.

Depuis 1969, date de la première autorisation des machines à voter par le législateur, partisans et détracteurs des systèmes automatisés s'opposent. A la décharge des machines, nous pourrions dire que l'ère du papier a connu de nombreuses fraudes et en connaitra sans doute encore. Commercialisées par des sociétés qui prétendent fournir le maximum de garanties mais se cantonnent à respecter des réglementations lacunaires, les machines à voter connaitront certainement leur lot de problèmes. Il leur sera par ailleurs reproché de ne pas permettre le contrôle du scrutin par l'utilisateur, l'une des règles fondamentales qui prévalait jusqu'ici. Avant l'avènement, sans doute, du vote électronique à distance par Internet...
Actu précédente
Brève suivante
Les Commentaires des lecteurs
_
Contacter le membreVoir profil
le 05 Avr. 07 à 17h16
Edition
 
Je suis contre !!


meme ca on peut plus le faire sans un ordi :sarcastic:
 
le 05 Avr. 07 à 17h17
Edition
 
c'est le meme systeme qu'ils ont en amerique ?
Je suis peut etre vieux jeux mais je voie pas trops l'utiliter d'informatiser tout ça mise a part le gachis de papier .
Car le depouillement est fait par des benevolles?
Et je crois qu'ils sont 2 pour verifier les voix donc peu de soucis de fraude .
 
le 05 Avr. 07 à 17h18
Edition
 
oui je ferais confiance, les sécurités ont l'air bien pensés. pensez aussi à ceux qui dépouillent jusqu'a pas d'heures le soir.....la c tout bénef
 
le 05 Avr. 07 à 17h18
Edition
 
Pour pouvoir être utilisées en France, les machines à voter doivent recevoir l'aval du ministère de l'Intérieur
Du coup, y'a comme un doute... :D
 
le 05 Avr. 07 à 17h19
Edition
 
Peut-on faire confiance au candidat pour lequel on va voter ???
Reponse: NON !!!
En Clair on peut faire confiance a rien ni personne, tout est manipulable.
 
le 05 Avr. 07 à 17h19
Edition
 
"Code source à la disposition de l'Intérieur"...

Qui était à l'Intérieur il y a un peu plus de deux semaines ?
Quel est la couleur (politique) de celui qui l'a remplacé ?

Qui est bien parti pour gagner ?

Hum ! Hum !

EDit : Grillé

EDit 2 : Corrige mon erreur le système américain mais maintiens ce que j'ai dis sur mes sérieux doute sur l'indépendance de l'Intérieur
 
le 05 Avr. 07 à 17h20
Edition
 
bryce56 a écrit:
oui je ferais confiance, les sécurités ont l'air bien pensés. pensez aussi à ceux qui dépouillent jusqu'a pas d'heures le soir.....la c tout bénef


cherche une autre escuse :sarcastic:
les gens qui sont la le font volontairement voir surment payer pour
 
le 05 Avr. 07 à 17h23
Edition
 
Chimnei a écrit:
"Code source à la disposition de l'Intérieur"...

Qui était à l'Intérieur il y a un peu plus de deux semaines ?
Quel est la couleur (politique) de celui qui l'a remplacé ?

Qui est bien parti pour gagner ?

Un autre pays utilise le système électronique : Les États-Unis ? Qui a gagné aux États-Unis malgré un nombre inférieur de voix ?

Hum ! Hum !

EDit : Grillé


Pour moii ça c'est du troll pur est simple. Faire des rapprochement sans raison enfin bref.

Moi ce qui me fait peur dans ces trucs là c'est que les programmeurs peuvent foutre un code qui permet de fausser les résultats et donner une documentation fausse au ministère de l'intérieur (sauf à quelques personnes qui auraient pu payer). Et comme la dit quelqu'un plus haut : on n'a pas de preuve et on peut pas vérifier les dires de la machine.
 
le 05 Avr. 07 à 17h23
Edition
 
Le ministère de l'Intérieur a toujours organisé les élections présidentiels, c'est beau de s'en rendre compte que maintenant et ça n'a jamais empêché l'alternance.

L'élection américaine de 2000 ne fonctionnait absolument pas avec des machines électroniques (mais mécaniques, à base de perforeuses qui datent du début du 20è siècle), là encore on dit des contre-vérités.

Enfin cracher sur les USA et sur Mr. S ça mange pas de pain, et on risque pas grand chose. :neutre:

Personellement j'ai plus confiance en des machines (et pour une fois, les puces TPM pourraient avoir une utilité publique) qu'en des fonctionnaires de mairie (assisté par des citoyens donc ça pondère mes propos) qui sont en général très partisants.
 
le 05 Avr. 07 à 17h26
Edition
 
Pourquoi ne pas laisser le choix? Du moins la première année. C'est-à-dire avoir une urne électronique ET une urne papier, au choix du votant.

Pour moi, le risque de fraude est à prendre en compte. Le fait déjà qu'il soit impossible de recompter et également (celà étant plus psychologique) que l'on se méfie des politiques (sans tomber dans la paranoïa).
Si le cas de possible fraude arrive que fairait-on? Recompter? Repassage aux urnes mais uniquement sur papier?

Je pense que les élections présidentielles sont une chose trop importante pour ne pas avoir de preuve physique en cas de doute et recompte.
 
le 05 Avr. 07 à 17h26
Edition
 
"Code source à la disposition de l'Intérieur"...

Qui était à l'Intérieur il y a un peu plus de deux semaines ?
Quel est la couleur (politique) de celui qui l'a remplacé ?

Qui est bien parti pour gagner ?

Un autre pays utilise le système électronique : Les États-Unis ? Qui a gagné aux États-Unis malgré un nombre inférieur de voix ?

Hum ! Hum !

EDit : Grillé

Va te renseigner sur comment marche le système d'élection américain avant d'émettre des opinions dessus.

Sinon, niveau café du commerce entre 2 baby foot ici
 
le 05 Avr. 07 à 17h27
Edition
 
quelques articles intéressant sur le sujet :
Ordinateurs de vote : résultats vérifiables ou pas ?
La fiabilité des machines à voter

le piratage d'une de ces machines en vidéo : Machines à voter ou machines à frauder ? :sarcastic:

perso, en tant qu'informaticien, je suis plutôt contre ... je préférais une coexistence des deux systèmes, en laissant le choix aux citoyens s'il veut voter sur papier ou sur ordinateur :jap: ...
par ailleurs, je pense qu'il serait bien que le citoyen reçoive un "reçus" prouvant qu'il à voté, sur lequel serait crypté son vote via un cryptage non-réversible (hash) ... cela permettrait, en cas de contestation du résultat, de refaire l'élection sans trop de risque, tout en préservant l'anonymat du vote :oui: ...

et étant donné qu'à l'élection présidentielle qui nous attend, l'un des candidats est ancien ministre de l'intérieur qui, je le rappelle, est en charge de l'organisation de l'élection et du comptage des voix, on ne peut que s'attendre, en cas de victoire de ce candidat, à de très forte contestation :sarcastic: ...
 
le 05 Avr. 07 à 17h28
Edition
 
acidbao a écrit:
Personellement j'ai plus confiance en des machines (et pour une fois, les puces TPM pourraient avoir une utilité publique) qu'en des fonctionnaires de mairie (assisté par des citoyens donc ça pondère mes propos) qui sont en général très partisants.


Tu sais que tu peux assister aux dépouillement ? Et ainsi vérifier qu'il n'y a aucune fraude ?
 
le 05 Avr. 07 à 17h29
Edition
 
Regulus84 a écrit:

ça m'etone pas que sarkonazi soit derrière tous ça lui qui veut que la france s'américanise


Tiens ! Encore un royaliste désespéré...
 
le 05 Avr. 07 à 17h29
Edition
 
KisSCoOl a écrit:
et étant donné qu'à l'élection présidentielle qui nous attend, l'un des candidats est ancien ministre de l'intérieur qui, je le rappelle, est en charge de l'organisation de l'élection et du comptage des voix, on ne peut que s'attendre, en cas de victoire de ce candidat, à de très forte contestation :sarcastic: ...


Cela n'a dérangé personne qu'un Premier Ministre en fonction (Mr J. qui est donc le supérieur du Ministre de l'Intérieur de l'époque Mr. V) soit candidat il y a 5 ans.
 
le 05 Avr. 07 à 17h30
Edition
 
Tout produit informatique peut être détourné, le logiciel intégré peut être modifié, la machine reliée au réseau peut être hackée ...
Le système avec papier nous semble plus sûr par la force de l'habitude et je voix mal des personnes voler les sac contenant les bulletins pour les échanger (du moins en France).
 
le 05 Avr. 07 à 17h30
Edition
 
Non mais attendez, on marche vraiment sur la tete.
OK, je suis technophile
OK, il faut sauver les forets
OK, c'est long de compter les votes
OK, la boite est blindee
OK, la boite est autonome en energie
OK, les protocoles sont securises
OK, OK, OK
Mais franchement : est-ce bien nécessaire ?? :??:

Pour le papier, combien en a-t-on cramé dans la R&D de ce système, dans le règlement du ministère de l'Intérieur, dans les certifications de la machine, dans la validation de "l'ensemble du processus"...

Si l'unique but, c'est de compter + vite, ben alors autant attacher des RFID (adresses uniques vérifiables) aux bulletins papier, et hop un coup de lecteur dans le tas et l'affaire est dans le sac... :neutre:
 
le 05 Avr. 07 à 17h30
Edition
 
Et pendant se temps la aux USA, qui eux ont compris ce qui n'allait pas dans les machines à voter

http://www.govtrack.us/congress/bill.xpd?bill=h110-811
.

* interdiction des machines ne fournissant pas l'impression sur papier du vote ;
* interdiction des machines incluant des modules de communication sans-fil ;
* interdiction des machines connectées à Internet ;
* interdiction des machines utilisant du code non divulgué ;
* le papier fera désormais foi en cas de vérification du scrutin ;
* des vérifications seront systématiquement faites sur 3% des votes électroniques ;
* des mentions explicites seront affichées pour inciter les votants à vérifier l'impression de leur vote ;
* la machine devra offrir la possibilité de corriger son vote ;
* le code source des machines à voter devra être mise à disposition ;
* etc.
Post d'origine : http://linuxfr.org/comments/818379.html#818379
 
le 05 Avr. 07 à 17h30
Edition
 
Les sociétés qui fournissent ce genre de machine affirment toutes qu'elles sont à l'épreuve d'une fraude, et de démontrer qu'aucun pirate ne saurait modifier quoi que ce soit tellement leurs systemes sont bien pensés ...

Bizarrement, leurs discours n'envisagent à aucun moment une tentative de fraude de leur part. Si un gouvernement veut rester en place, et qu'on ne peut voter qu'avec des machines, il n'y aurait rien de plus facile que de faire croire à des élections légales avec des machines ... certifiées par ce gouvernement ...

C'est une hypothese que je n'imagine pas en france, mais sait on jamais ?

Qu'on laisse le vote et le dépouillement aux citoyens, il y a certaines choses qu'il vaut mieux ne pas automatiser ...

D'ailleurs une pétition existe pour interdire les machines à voter : Petition

Les signataires (dont je fais partie) ne sont pas forcément contre l'utilisation de machine, mais les jugent en l'état actuel dangereuses et expliquent pourquoi :
Explications


...
 
 
 
Clubic.com